« …et Nous étions témoins de leur jugement. » [Les Prophètes 78].
On a également avancé qu’il s’agissait d’Adam, d’Ève et de leur descendance.
Toutes ces opinions, hormis la première, sont faibles : elles oscillent entre une affirmation dépourvue de tout argument et une explication que le sens apparent du discours contredit. Il est donc établi qu’Iblîs est bel et bien inclus dans cette adresse et qu’il compte parmi ceux qui furent précipités hors du Paradis.
Le Très-Haut dit encore : « Nous ordonnâmes : “Descendez-en tous. Chaque fois que Je vous enverrai une direction, quiconque suivra Ma guidance n’éprouvera ni crainte ni tristesse.” » [La Vache 38]. Cette seconde déchéance ne peut être la même que la première : il s’agit d’une descente du ciel vers la terre. Dès lors, le Jardin d’où ils furent expulsés dans un premier temps se trouve au-dessus des cieux ; c’est le Jardin de la Demeure éternelle.
Un groupe de savants — parmi eux al-Zamakhsharî — a toutefois soutenu que l’ordre : « Descendez-en tous » ne visait qu’Adam et Ève ; le pluriel aurait été employé parce qu’ils entraînent leur postérité (1).
Il déclare : « La preuve en est la parole du Très-Haut : “Il dit : ‘Descendez-en, tous les deux, désormais vous serez ennemis l’un de l’autre.’” »
Il ajoute : « Appuie également cette idée la parole divine : “Quiconque suit Ma direction n’aura rien à craindre et ne sera point affligé (38), tandis que ceux qui mécroient et rejettent Nos signes sont les gens du Feu ; ils y demeureront à jamais.” [La Vache 38-39]. Or il ne s’agit là que d’un jugement englobant l’ensemble des hommes, et le sens de : “les uns pour les autres…”