Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

a été contraint de tenir compte de ces facteurs, et il a déclaré que quiconque prétend juger sans les connaître ni s’y conformer se fourvoie.

Dès lors, l’ascendant réellement déterminant n’est autre que celui des coutumes, des usages et des contrées, celui qui ressort des particularités des dispositions psychiques humaines, de la vigueur des aliments qui nourrissent les corps, de la qualité de l’air et du sol, ainsi que de tout autre élément dont l’influence se constate à l’œil nu.

N’est-ce pas la marque la plus manifeste de l’ignorance que de négliger ces causes et de faire porter la responsabilité des phénomènes aux mouvements des astres, à leurs conjonctions, à leurs séparations ou à leurs oppositions en quadrature, trigone ou sextile, alors que, quand bien même ces théories seraient fondées, elles ne constitueraient au mieux qu’une fraction d’une cause parmi d’autres capables de produire ces effets ?

Par ailleurs, ces astres connaissent eux-mêmes tant de conjonctions, de disjonctions, de contre-influences et d’éventualités qu’un astrologue serait incapable d’en recenser ne fût-ce qu’une infime part d’un dixième ; émettre un jugement sur la base de la connaissance d’un simple fragment de cause, par pure conjecture, supposition ou imitation de quelque maître jugé fiable, n’est-ce pas proférer un verdict mensonger ?

C’est pourquoi le mensonge de l’astrologue dépasse de très loin la vérité qu’il atteint : la véracité de certains zarraqîn, des gens du dévoilement, des adeptes de la physiognomonie et des devins procédant au tirage au sort (1) est, de fait, bien plus élevée que celle des astrologues (2). Et cela ne s’explique que par le fait que l’inconnu, au sein de l’ensemble (3) des causes

(1) Il s’agit des kâhins, devins qui scrutent les astres. Le terme hazw renvoie, à l’origine, à l’idée de conjecture et d’estimation (Lisân al-Arab). (2) Voir : al-Sharîf al-Murtadâ, Rasâʾil, vol. 2, p. 308-309 ; al-Basâʾir wa-l-Dhakhaʾir, vol. 6, p. 101. (3) Les manuscrits de base lisent « haml » (lettre h non pointée) ; la présente édition adopte la leçon du manuscrit T.
مراعاة هذه الأمور، وأخبرَ أنَّ الحاكمَ بدون معرفتها والتشبُّث بها يكونُ مخطئًا. وحينئذٍ، فالطالعُ المعتبر المؤثِّر إنما هو طالعُ العوائد والسُّنن والبلاد، وخواصِّ هيآت النفوس الإنسانية، وقُوى أغذية أبدانها وهوائها وتربتها، وغير ذلك مما هو مشاهدٌ بالعيان تأثيرُه في ذلك. أفليس مِن أبين الجهل الإعراضُ عن هذه الأسباب، والحَوالةُ على حركات النجوم واجتماعها وافتراقها ومقابلتها في تربيعٍ أو تثليثٍ أو تسديسٍ مما لو صحَّ لكان غايتُه أن يكون جزءَ سببٍ من الأسباب التي تقتضي هذه الآثار؟! ثمَّ إنَّ لها من المقارنات والمفارقات والصَّوارف والعوارض ما لا يحصِي المنجِّمُ القليلَ من عُشر معشاره، أفليس الحكمُ بمجرَّد معرفة جزءٍ من أجزاء السَّبب بالظَّنِّ والحَدْس أو التقليد لمن حَسُنَ ظنُّه به حكمٌ كاذب؟! ولهذا كذِبُ المنجِّم أضعافُ أضعاف صدقِه بكثير، حتى إنَّ [صِدْق] بعض الزَّرَّاقين، وأصحاب الكشف، وأرباب الفراسة، والحَزَّائين (١)، أكثرُ من صدق هؤلاء بكثير (٢)، وما ذاك إلا لأنَّ المجهول مِن جُمَل (٣) الأسباب
(١) هم الكهَّان الناظرون في النجوم. وأصل الحزو: الخرص والتقدير. «اللسان». (٢) انظر: «رسائل الشريف المرتضى (٢/ ٣٠٨، ٣٠٩)، و «البصائر والذخائر» (٦/ ١٠١). (٣) في الأصول: «حمل». بالمهملة. والمثبت من (ط).

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