a été contraint de tenir compte de ces facteurs, et il a déclaré que quiconque prétend juger sans les connaître ni s’y conformer se fourvoie.
Dès lors, l’ascendant réellement déterminant n’est autre que celui des coutumes, des usages et des contrées, celui qui ressort des particularités des dispositions psychiques humaines, de la vigueur des aliments qui nourrissent les corps, de la qualité de l’air et du sol, ainsi que de tout autre élément dont l’influence se constate à l’œil nu.
N’est-ce pas la marque la plus manifeste de l’ignorance que de négliger ces causes et de faire porter la responsabilité des phénomènes aux mouvements des astres, à leurs conjonctions, à leurs séparations ou à leurs oppositions en quadrature, trigone ou sextile, alors que, quand bien même ces théories seraient fondées, elles ne constitueraient au mieux qu’une fraction d’une cause parmi d’autres capables de produire ces effets ?
Par ailleurs, ces astres connaissent eux-mêmes tant de conjonctions, de disjonctions, de contre-influences et d’éventualités qu’un astrologue serait incapable d’en recenser ne fût-ce qu’une infime part d’un dixième ; émettre un jugement sur la base de la connaissance d’un simple fragment de cause, par pure conjecture, supposition ou imitation de quelque maître jugé fiable, n’est-ce pas proférer un verdict mensonger ?
C’est pourquoi le mensonge de l’astrologue dépasse de très loin la vérité qu’il atteint : la véracité de certains zarraqîn, des gens du dévoilement, des adeptes de la physiognomonie et des devins procédant au tirage au sort (1) est, de fait, bien plus élevée que celle des astrologues (2). Et cela ne s’explique que par le fait que l’inconnu, au sein de l’ensemble (3) des causes