s’il n’est pas Perse, il ne l’épousera pas.
Voilà une contradiction grossière : il avance d’abord une cause et l’effet qui lui est nécessairement lié – l’effet apparaît avec la cause et disparaît avec elle –, puis il prétend que la cause peut exister sans que son effet ne se produise.
Je dis : les spécialistes de cette discipline soutiennent qu’il faut impérativement connaître les fondements sur lesquels on entend statuer, faute de quoi le juge se trompera et sa parole restera vaine. Ces fondements sont : la perception sensible (1), la sharîʿa (la Loi révélée), l’éthique et les usages. L’astrologue doit donc les acquérir, puis fonder (2) son jugement sur eux.
Ptolémée, de son côté, affirme qu’il incombe à l’astrologue de considérer la conformation des corps, les particularités des dispositions psychiques, ainsi que la diversité des coutumes et des traditions.
Il ajoute quiconque aborde ces questions selon la méthode naturaliste doit toujours s’en tenir à la vraie cause première, afin de ne pas se tromper par confusion des nativités (3). Sans cette précaution, il pourrait, par exemple, déclarer qu’un enfant né au pays des Abyssins est de teint clair et a les cheveux lisses, alors qu’un nouveau-né au pays des Romains serait sombre de peau et crépu ; ou commettre la même erreur en matière de coutumes sexuelles (4) propres à certaines nations, en affirmant, par exemple, qu’un homme d’Antioche épouse sa sœur, alors qu’il aurait dû attribuer ce fait au Perse.