La démonstration (1).
Quant à votre affirmation selon laquelle Aristote aurait déclaré sans ambiguïté, dans son ouvrage, qu’une seule et même chose peut être la cause de deux contraires, nous allons citer son texte mot pour mot et en exposer la portée.
Dans la deuxième section, il écrit : « De plus, une seule et même chose (2) peut être la cause de deux contraires ; en effet, ce dont la présence produit un certain état peut, par son absence, devenir la cause de l’état opposé. On dira ainsi : l’absence du pilote est cause du naufrage du navire, alors que sa présence en assurait la sécurité. »
Réfléchissez à ces paroles et confrontez-les à ce que ces auteurs prétendent au sujet de la Lune, censée produire des effets contraires ; vous verrez aussitôt la supercherie et l’ignorance dont ils font preuve. Car l’analogie (3) correcte serait la disparition de ces tempéraments et de ces qualités dès que la Lune cesserait d’être en relation avec notre monde, exactement comme le navire cesse de fonctionner et d’avancer lorsque le pilote s’en éloigne et que son lien avec lui est rompu. Or le pilote n’est pas la cause du naufrage, qui est l’opposé de la sécurité, pas plus que, selon leur thèse, la Lune ne serait la cause de la sécheresse, opposée à l’humidité, ou de la chaleur, opposée à la fraîcheur. Le naufrage provient uniquement (4) de la prédominance d’une cause que la présence du pilote empêchait d’agir ; lorsqu’il s’absente, cette cause entre en action et le navire fait naufrage.
Cela est trop évident pour nécessiter davantage d’explications (5) ; toutefois, les esprits qui ont