Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils poursuivent : la fin du mois est comparable à l’hiver, son début au printemps ; le deuxième quart du mois correspond à l’été et son troisième quart à l’automne.

Voilà toute la démonstration par laquelle ils entendent étayer ce jugement.

Ils ajoutent encore : quant au fait qu’une même chose puisse être la cause de deux contraires, Aristote l’a clairement admis (1) dans son ouvrage « La Physique » (2).

La réponse est la suivante : le Soleil n’est pas, à proprement parler, la cause agente de ces différentes qualités. C’est plutôt sa proximité ou son éloignement, sa hauteur ou son abaissement qui agissent sur le réchauffement ou le refroidissement de l’air, sur la raréfaction ou la condensation des vapeurs ; de là naissent, chez l’animal, la plante et dans l’atmosphère, ces tempéraments et ces qualités. Le Soleil, comme nous l’avons déjà montré, n’en constitue qu’une partie de la cause.

Quant à la Lune, ni sa proximité ni son éloignement, ni sa plénitude ni son décroissement n’exercent sur l’air l’influence que produit le Soleil. Si tel était le cas, chacun des mois de l’année réunirait les quatre saisons avec leurs tempéraments, leurs effets et leurs implications légales ; or la simple observation – à plus forte raison la réflexion rationnelle – le dément.

Comparer ainsi la Lune au Soleil relève de l’analogie la plus défectueuse : les différences de nature, de mouvement et d’influence entre les deux astres l’emportent de beaucoup sur ce qu’ils ont en commun. Conclure que la Lune engendre les quatre tempéraments par analogie avec le Soleil, au seul motif qu’elle parcourt la sphère en un mois comme celui-ci le parcourt en une année, n’est pas un raisonnement que puisse accepter quiconque possède quelque compétence dans les méthodes de la preuve et l’art de l’argumentation.

(1) Les manuscrits portent « qada » ; il s’agit d’une leçon fautive. La forme correcte sera donnée plus loin. (2) L’ouvrage est également connu sous le titre « Samaʿ al-kayan » ; il comprend huit traités et a fait l’objet de plusieurs commentaires. Voir : Al-Fihrist, p. 350, 351, 356 ; Akhbar al-hukamaʾ, p. 41, 52, 53.
قالوا: فآخرُ الشَّهر شبيهٌ بالشتاء، وأولُه شبيهٌ بالربيع، والرُّبع الثاني من الشَّهر شبيهٌ بالصَّيف، والرُّبع الثالث منه شبيهٌ بالخريف. فهذا غايةُ ما قرَّروا به هذا الحكم. قالوا: وأمَّا كونُ الشيء الواحد سببًا للضِّدَّين، فقد نصَّ (١) أرسطاطاليس في كتاب «السَّماع الطبيعي» (٢) على جوازه. والجوابُ عن هذا: أنَّ الشَّمس ليست هي السَّببَ الفاعل لهذه الطبائع المختلفة، وإنما قربُها وبعدُها وارتفاعُها وانخفاضُها أثَّر في سخونة الهواء وتبريده، وفي تحلُّل البُخارات وتكاثُفها، فيحدُث بذلك في الحيوان والنبات والهواء هذه الطبائعُ والكيفيَّات، والشَّمس جزءُ السَّبب كما قررناه. وأمَّا القمر، فلا يؤثِّر قربُه ولا بعدُه وامتلاؤه ونقصانه في الهواء كما تؤثِّره الشَّمس، ولو كان ذلك كذلك لكانَ كلُّ شهرٍ من شهور العام يجمعُ الفصولَ الأربعة بطبائعها وتأثيراتها وأحكامها، وهذا شيءٌ يدفعه الحسُّ فضلًا عن النظر والمعقول. وقياسُ القمر على الشَّمس في ذلك مِن أفسد القياس؛ فإنَّ الفارق بينهما في الصِّفة والحركة والتأثير أكثرُ من الجامع، فالحكمُ على القمر بأنه يُحْدِثُ الطبائعَ الأربعة قياسًا على الشَّمس، والجامعُ بينهما قطعُه للفلَك في كلِّ شهرٍ كما تقطعُه في سنة= لا يعتمدُ عليه من له خبرةٌ بطرق الأدلَّة وصنعة
(١) في الأصول: «قضى». وهو تحريف. وسيأتي على الصواب. (٢) ويُعرف بـ «سمع الكيان»، وهو ثمان مقالات، وشرَحه جماعة. انظر: «الفهرست» (٣٥٠، ٣٥١، ٣٥٦)، و «أخبار الحكماء» (٤١، ٥٢، ٥٣).

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