Ils poursuivent : la fin du mois est comparable à l’hiver, son début au printemps ; le deuxième quart du mois correspond à l’été et son troisième quart à l’automne.
Voilà toute la démonstration par laquelle ils entendent étayer ce jugement.
Ils ajoutent encore : quant au fait qu’une même chose puisse être la cause de deux contraires, Aristote l’a clairement admis (1) dans son ouvrage « La Physique » (2).
La réponse est la suivante : le Soleil n’est pas, à proprement parler, la cause agente de ces différentes qualités. C’est plutôt sa proximité ou son éloignement, sa hauteur ou son abaissement qui agissent sur le réchauffement ou le refroidissement de l’air, sur la raréfaction ou la condensation des vapeurs ; de là naissent, chez l’animal, la plante et dans l’atmosphère, ces tempéraments et ces qualités. Le Soleil, comme nous l’avons déjà montré, n’en constitue qu’une partie de la cause.
Quant à la Lune, ni sa proximité ni son éloignement, ni sa plénitude ni son décroissement n’exercent sur l’air l’influence que produit le Soleil. Si tel était le cas, chacun des mois de l’année réunirait les quatre saisons avec leurs tempéraments, leurs effets et leurs implications légales ; or la simple observation – à plus forte raison la réflexion rationnelle – le dément.
Comparer ainsi la Lune au Soleil relève de l’analogie la plus défectueuse : les différences de nature, de mouvement et d’influence entre les deux astres l’emportent de beaucoup sur ce qu’ils ont en commun. Conclure que la Lune engendre les quatre tempéraments par analogie avec le Soleil, au seul motif qu’elle parcourt la sphère en un mois comme celui-ci le parcourt en une année, n’est pas un raisonnement que puisse accepter quiconque possède quelque compétence dans les méthodes de la preuve et l’art de l’argumentation.