ni de la soif ni de l’ardeur du soleil. » [Tâ-Hâ 118-119]. Or, pareilles conditions n’existent absolument pas ici-bas : même s’il vivait dans la plus agréable demeure terrestre, l’homme ne pourrait se soustraire à la faim, à la soif, à la nudité (1) ni à l’insolation due au soleil.
Par ailleurs, si ce Paradis avait été situé sur terre, Adam aurait incontestablement perçu le mensonge d’Iblîs lorsqu’il lui dit : « Veux-tu que je te conduise vers l’arbre de l’éternité et une royauté qui ne dépérit jamais ? » En effet, Adam savait que la vie d’ici-bas est passagère et que toute royauté terrestre finit par se défaire.
En outre, le récit d’Adam dans la sourate « al-Baqarah » montre très clairement que le Jardin dont il fut chassé se trouvait au-dessus des cieux. Le Très-Haut déclare : « Et lorsque Nous dîmes aux anges : “Prosternez-vous devant Adam”, ils se prosternèrent, à l’exception d’Iblîs qui refusa, s’enfla d’orgueil et se trouva parmi les négateurs (34). Et Nous dîmes : “Ô Adam, habite, toi et ton épouse, le Paradis ; mangez-en à satiété où bon vous plaira, mais ne vous approchez pas de cet arbre, de peur de compter parmi les injustes” (35). Puis Satan les fit trébucher, les expulsa de l’état où ils vivaient, et Nous dîmes : “Descendez ; ennemis les uns des autres, vous aurez sur la terre séjour et jouissance pour un temps” (36). Adam reçut alors de son Seigneur des paroles ; Il agréa son repentir, car Il est, certes, Celui qui accueille sans cesse le repentir, le Très-Miséricordieux » (37) [al-Baqarah 34-37]. Il s’agit donc de la descente d’Adam, d’Ève et d’Iblîs hors du Paradis, raison pour laquelle le texte emploie le pronom du pluriel (2).
Certains ont avancé que l’injonction visait ces trois-là (3) ainsi que le serpent. Toutefois, une telle opinion requiert un témoignage fiable, car le serpent n’apparaît nulle part dans le récit d’Adam et d’Iblîs.
D’autres ont prétendu qu’il s’agissait d’une adresse réservée à Adam et à Ève, le pluriel n’étant employé ici qu’à la manière de la parole du Très-Haut :