restants, on les tient pour féminins, parce qu’ils se trouvent dans la zone où souffle le vent d’ouest (dabūr).
Or, si les choses se passent ainsi, les astres que l’on déclare « féminins » deviendraient masculins, et ceux que l’on déclare « masculins » deviendraient féminins ; leurs dispositions naturelles en seraient bouleversées (1), voire leurs substances mêmes se trouveraient renversées. En effet, selon la première position, la Lune (2) et Vénus sont féminines, tandis que les cinq autres planètes demeurent masculines (3). Mais si la Lune et Vénus devancent le Soleil et se lèvent à l’orient, elles deviennent masculines ; et si les cinq planètes reculent derrière le Soleil, se couchant à l’occident en le suivant, elles deviennent féminines selon la seconde position (4). Quant à Mercure, il est mâle lorsqu’il se lève à l’orient, femelle lorsqu’il se couche à l’occident, tour à tour mâle ou femelle lorsqu’il ne se trouve dans aucune de ces deux positions.
J’ai entendu l’un de leurs savants répondre à cette objection en disant : « Cela n’est pas impossible ; car nous pouvons qualifier une teinte foncée de blanche lorsqu’on la compare au noir, et la qualifier de noire lorsqu’on la compare au blanc. C’est pourtant une seule et même réalité, tour à tour dite noire ou blanche, alors qu’en elle-même elle n’est ni noire ni blanche. Il en est de même pour les corps célestes : on les appelle mâles ou femelles par rapport aux configurations – j’entends : les positions –, les positions par rapport aux vents, et les vents par rapport aux qualités élémentaires ; on ne prétend pas qu’ils soient, en eux-mêmes, mâles ou femelles (5)(6)."