et sec, de nature terrestre ; les Gémeaux, pour leur part, sont chauds et humides, relevant de la nature aérienne, tandis que le Cancer est froid et humide, de nature aquatique ! Jamais un véritable naturaliste n’a professé cela, et aucun n’y souscrit.
Lorsqu’ils entendent argumenter et raisonner, les prémisses mêmes de leurs syllogismes sont les suivantes : le Bélier serait un signe « mutable », parce que, disent-ils, lorsque le Soleil y entre, le temps se retourne de l’hiver au printemps ; le Taureau, au contraire, serait « fixe », car, quand le Soleil s’y trouve, le printemps demeure stable dans sa condition printanière.
Or, la vérité est qu’il n’y a ni retournement propre au Bélier ni fixité intrinsèque au Taureau (1) : chaque jour, en réalité, diffère du précédent.
Admettons même, pour les besoins de la discussion, que le temps se soit effectivement retourné du fait de l’arrivée du Soleil dans un signe ; resterait-il pour l’éternité dans cet état une fois l’astre parti, puis revenu (2) ? Penses-tu que le Soleil y laisse une empreinte durable, qu’il en transforme la nature au point que cette altération subsiste jusqu’à son retour, où il la renouvellerait ?
Et pourquoi ne dirait-on pas, de la même manière, que le Cancer est chaud et sec, puisque, lorsque le Soleil l’occupe, la chaleur de la saison s’intensifie ? Bien d’autres affirmations du même genre pourraient être avancées, sans qu’aucune — ni leur contraire — ne s’impose !
Le cosmologue (3) ne reconnaît aucune différence dans la sphère céleste, sinon celle qui provient des astres qu’elle contient et de leurs positions : par son essence et sa nature, elle est une et homogène.
Il s’agit là de propos qu’un homme a lancés, qu’un autre a acceptés, qu’un troisième a colportés ; l’auditeur s’en est fait une opinion flatteuse, et celui qui n’avait ni expérience ni aptitude au raisonnement s’est laissé abuser, puis il a porté jugement d’après eux.