et que Saturne serait froide et sèche ?! Or le chaud et le froid relèvent des qualités sensibles, et rien ne l’a établi ici par le toucher, comme on le fait habituellement pour ce qui se perçoit par le contact (1). De fait, la seule chose que l’on saisisse ainsi est le cas du soleil lorsqu’il réchauffe la terre de ses rayons. Et si, dans les réalités célestes, il devait exister quelque manifestation des qualités contraires, il serait plus cohérent de dire qu’elles sont toutes chaudes, puisque tous leurs astres sont lumineux.
Et quand donc le physicien [rigoureux] admettra-t-il la discontinuité du firmament et son découpage (2) [en parties], tel que les astrologues l’ont divisé de manière imaginaire en signes, degrés et minutes ?! Une telle opération est certes concevable pour l’imagination, au même titre que bien d’autres, mais elle n’est ni nécessaire dans la réalité ni effectivement existante ; pourtant ils ont transféré cette représentation admissible dans l’ordre de l’existence nécessaire lorsqu’ils établissent leurs jugements.
Le fondement de tout cela — selon leur prétention — est le mouvement du soleil au fil des jours et des mois : ils en ont tiré (3) un partage fictif qu’ils traitent, lorsqu’ils statuent, comme s’il s’agissait d’une partition effective, délimitée par des bornes et des lignes, comme si le soleil, par son déplacement d’un moment à l’autre, avait tracé dans le ciel des traits, élevé des murailles et des frontières, et modifié la nature de ses différentes parties d’un changement (4) durable qui maintiendrait la division en ces signes et ces degrés, alors même que le soleil passe au-delà !
Or, dans la substance même du firmament, il n’existe aucune distinction par laquelle un lieu se différencierait d’un autre hormis la présence des astres ; or ces astres se déplacent en quittant leurs positions, et les lieux demeurent donc semblables : avec quoi donc