dans son ouvrage Al-Muʿtabar (1), il déclare :
« Quant à la science des jugements astrologiques, elle ne repose, de leur part, sur rien d’autre que cette affirmation gratuite — sans la moindre preuve — que les astres seraient, les uns chauds, les autres froids, humides, secs ou d’un tempérament équilibré. Ainsi prétendent-ils que Saturne est froide et sèche, que Mars est chaude et sèche, que Jupiter est tempérée, que la tempérance est un bien tandis que l’excès est un mal ; puis ils concluent de là que le bien entraîne le bonheur et que le mal provoque l’infortune, et tout ce qui s’y apparente — assertions qu’aucun savant des sciences naturelles n’a jamais soutenues ni que leurs propres prémisses ne permettent de déduire.
Ce que ces prémisses établissent réellement, c’est seulement que le ciel et les corps célestes (2) exercent une action absolue sur tout ce qu’ils contiennent, englobent et autour de quoi ils tournent ; thèse à laquelle la physique (3) n’a fixé ni limite ni mesure (4). Ceux qui la défendent prétendent la tenir de la révélation, de l’expérience ou d’un raisonnement mêlant l’une et l’autre, tout comme le font les adeptes de l’alchimie.
À défaut, d’où (5) le physicien, selon les principes qu’il a déjà posés (6), pourrait-il tirer que Jupiter est une planète bénéfique, que Mars est maléfique, ou encore que Mars est chaude et sèche, et que Saturne… »