Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

dans son ouvrage Al-Muʿtabar (1), il déclare :
« Quant à la science des jugements astrologiques, elle ne repose, de leur part, sur rien d’autre que cette affirmation gratuite — sans la moindre preuve — que les astres seraient, les uns chauds, les autres froids, humides, secs ou d’un tempérament équilibré. Ainsi prétendent-ils que Saturne est froide et sèche, que Mars est chaude et sèche, que Jupiter est tempérée, que la tempérance est un bien tandis que l’excès est un mal ; puis ils concluent de là que le bien entraîne le bonheur et que le mal provoque l’infortune, et tout ce qui s’y apparente — assertions qu’aucun savant des sciences naturelles n’a jamais soutenues ni que leurs propres prémisses ne permettent de déduire.

Ce que ces prémisses établissent réellement, c’est seulement que le ciel et les corps célestes (2) exercent une action absolue sur tout ce qu’ils contiennent, englobent et autour de quoi ils tournent ; thèse à laquelle la physique (3) n’a fixé ni limite ni mesure (4). Ceux qui la défendent prétendent la tenir de la révélation, de l’expérience ou d’un raisonnement mêlant l’une et l’autre, tout comme le font les adeptes de l’alchimie.

À défaut, d’où (5) le physicien, selon les principes qu’il a déjà posés (6), pourrait-il tirer que Jupiter est une planète bénéfique, que Mars est maléfique, ou encore que Mars est chaude et sèche, et que Saturne… »

(1) Les manuscrits de base portent «at-taʿbîr», lecture fautive ; nous avons retenu la leçon usuelle, explicitement adoptée et justifiée par l’auteur dans sa préface (1/4). (2) Une copie du Muʿtabar lit «an-samâwiyyât» ; dans le Sharḥ Nahj al-Balâgha d’Ibn Abî l-Ḥadîd (6/206), qui cite Abû l-Barakât, on lit «al-ajrâm as-samâwiyya» (les corps célestes). (3) C’est-à-dire le savant spécialisé en sciences de la nature (physicien au sens aristotélicien). (4) Le Muʿtabar donne : «ḥadd wa-lâ waqt wa-lâ taqdîr» (ni limite, ni temps, ni mesure). (5) Addition tirée du Muʿtabar ; il en est de même pour les ajouts suivants, sauf mention contraire. (6) Autrement dit : cette question a déjà été abordée dans le Muʿtabar.
في كتاب «المعتبر» (١) له، فقال: «وأمَّا علمُ أحكام النجوم فإنه لا يتعلَّقُ به منه أكثر من قولهم بغير دليلٍ بحرِّ كواكبَ وبَرْدِها ورطوبتها ويبوستها واعتدالها، كما يقولون بأنَّ زُحَلَ منها باردٌ يابس، والمرِّيخَ حارٌّ يابس، والمشتري معتدل، والاعتدال خيرٌ والإفراط شر، ويُنْتِجُونَ من ذلك أنَّ الخيرَ يوجبُ سعادةً والشرَّ يوجبُ مَنْحَسَة، وما جانسَ ذلك مما لم يقُل به علماءُ الطَّبيعيين، ولم تُنْتِجْه مقدِّماتهم في أنظارهم، وإنما الذي أنتجَته هو أنَّ السماء والسماويَّات (٢) فعَّالةٌ فيما تحويه وتشتملُ عليه وتتحركُ حوله فعلًا على الإطلاق، لم يحصل له (٣) من العلم الطبيعي حدٌّ ولا تقدير (٤)، والقائلون به ادَّعوا حصولَه من التوقيف والتجربة والقياس منهما كما ادَّعى أهلُ الكيمياء. وإلا، فمِن [أين] (٥) يقولُ صاحبُ العلم الطبيعي بحسب أنظاره التي سبقت (٦): إنَّ المشتري سعدٌ، والمرِّيخَ نحسٌ، أو المرِّيخَ حارٌّ يابس، وزُحل
(١) في الأصول: «التعبير». تحريف. والمثبت هو المعروف، ونصَّ عليه مؤلفه في مقدمته (١/ ٤)، وعلَّل هذه التسمية. (٢) في نسخة من «المعتبر»: «أن السماويات». وفي «شرح نهج البلاغة» لابن أبي الحديد (٦/ ٢٠٦) وقد نقل كلام أبي البركات: «أن الأجرام السماوية». (٣) أي: صاحب العلم الطبيعي. (٤) «المعتبر»: «حد ولا وقت ولا تقدير». (٥) زيادة من «المعتبر»، وهكذا الزيادات الآتية، إلا ما نبهت على خلافه. (٦) أي: سبق ذكرها في كتاب المعتبر.

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