Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et par leurs disjonctions (1), leurs conjonctions avec certains points ou leurs séparations d’avec ces points, leurs rapprochements et leurs éloignements, leurs alignements et leurs oppositions : selon eux, ce sont bien les étoiles qui dispensent tout cela, qui l’ordonnent et le produisent ; elles seraient donc, à proprement parler, les divinités et les seigneurs, tandis que tout ce qui se trouve au-dessous d’elles ne serait qu’une masse d’esclaves soumis, les regards braqués sur elles !

Une telle croyance constitue, à l’évidence, une impiété qui les fait sortir de toutes les religions et de l’ensemble des législations révélées aux prophètes. Ils ne peuvent se maintenir parmi les fidèles des différentes confessions qu’en se dissimulant, en jouant les hypocrites et en adoptant extérieurement leurs apparences ; autrement, leur mise à mort relèverait d’une nécessité reconnue dans chaque communauté, car ils en sont la vermine et les ennemis déclarés.

C’est aussi un délire qui a fait rire les esprits sensés, au point que même des philosophes ne croyant ni en Allah ni au Jour dernier — tels Al-Fârâbî et Ibn Sînâ (2) ainsi que d’autres penseurs avisés — les ont réfutés, se sont moqués d’eux, ont tenu leur raison pour faible et les ont accusés de zaraq et de zarjanah (3), autrement dit de prestidigitation et de fourberie.

Le meilleur des philosophes musulmans postérieurs, Abû l-Barakât al-Baghdâdî (4), les a lui aussi réfutés.

(1) L’expression « wa-ittiṣâlâtihâ wa-infiṣâlâtihâ » (ses conjonctions et ses disjonctions) ne figure pas dans le manuscrit T. (2) Cf. supra, p. 1182 et 1195, ainsi que le commentaire correspondant. (3) Le manuscrit Q porte « wa-l-zarnaja », leçon fautive. Le terme zarjana signifie ruse et tromperie ; voir Al-Muḥîṭ d’al-Ṣâḥib b. ‘Abbâd (entrées jîm et zây) et Al-Qâmûs (article zarjan). Le mot zarq a été expliqué plus haut. (4) Hibat Allâh b. ‘Alî b. Malka (m. après 555 H/1160 env., peut-être avant) ; voir Siyar (20/419), Akhbâr al-Ḥukamâ’ (460) et Ḥukamâ’ al-Islâm (346). Considéré par Ibn Taymiyya comme l’un des philosophes modérés les plus proches de la vérité et qualifié par l’auteur de « philosophe de l’Islam » ; cf. Majmû‘ al-Fatâwâ (12/205 ; 16/383), Minhâj al-Sunna (1/348, 403), Naqd al-Ta’sîs (1/304) et Ighâthat al-Lahfân (2/258).
وانفصالاتُها (١)، واتصالاتُها بنُقَطٍ وانفصالاتُها عن نُقَطٍ، ومقارنتُها ومفارقتُها ومسامتتُها ومباينتُها، فهي المعطيةُ لهذا كلِّه المدبرةُ الفاعلة له، فهي الآلهةُ والأربابُ على الحقيقة، وما تحتها عبيدٌ خاضعون لها ناظرون إليها! فهذا كما أنه الكفرُ الذي خرجوا به عن جميع الملل، وعن جملة شرائع الأنبياء، ولم يُمْكِنْهم أن يقيموا بين أرباب الملل إلا بالتستُّر بهم ومنافقَتهم والتزيِّي بزيِّهم ظاهرًا، وإلا فقتلُ هؤلاء من الأمر الضروريِّ في كلِّ ملَّة؛ لأنهم سُوسُها وأعداؤها= فهو من الهذيان الذي أضحكوا به العقلاء على عقولهم، حتى ردَّ عليهم من لا يؤمنُ بالله واليوم الآخر من الفلاسفة، كالفارابي وابن سينا (٢) وغيرهما من عقلاء الفلاسفة، وسخروا منهم، واستضعفوا عقولَهم، ونسبوهم إلى الزَّرْق والزَّرْجَنَة (٣) والتلبيس. وقد ردَّ عليهم أفضلُ المتأخرين من فلاسفة الإسلام أبو البركات البغدادي (٤)
(١) «واتصالاتها وانفصالاتها» ليست في (ت). (٢) راجع ما تقدم (ص: ١١٨٢، ١١٩٥) والتعليق عليه. (٣) (ق): «والزرنجة». تحريف. والزرجنة: المكر والخديعة. «المحيط» للصاحب بن عباد (الجيم والزاي)، و «القاموس» (زرجن). والزَّرق تقدم تفسيره. (٤) هبة الله بن علي بن ملكا، توفي سنة نيف وخمسين وخمس مئة، وقيل قبل ذلك. انظر: «السير» (٢٠/ ٤١٩)، و «أخبار الحكماء» (٤٦٠)، و «حكماء الإسلام» (٣٤٦). وهو من مقتصدة الفلاسفة، وأقربهم إلى الحق، كما يقول ابن تيمية، وفيلسوف الإسلام، كما يصفه المصنِّف. انظر: «مجموع الفتاوى» (١٢/ ٢٠٥، ١٦/ ٣٨٣)، و «منهاج السنة» (١/ ٣٤٨، ٤٠٣)، و «نقض التأسيس» (١/ ٣٠٤)، و «إغاثة اللهفان» (٢/ ٢٥٨).

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