Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de la lune et à son coucher ; ce phénomène se rencontre dans la mer de Perse, la mer des Indes, ainsi que dans la mer de Chine.

Voici comment il se produit : lorsque la lune atteint l’un des points où elle se lève au-dessus de la mer (1), le flux commence et se poursuit jusqu’à ce que la lune arrive au milieu du ciel de ce lieu ; c’est alors que [le flux] atteint son maximum (2). Quand la lune s’incline vers l’ouest de cette même région, le flux recommence une seconde fois (3) et continue de croître jusqu’à ce que la lune parvienne au point diamétralement opposé sous l’horizon ; à ce moment-là, le flux atteint de nouveau son terme, puis le reflux débute et l’eau retrouve son niveau initial.

Les marins, dès qu’ils voient la mer se gonfler (4), que des vents violents se lèvent et que les vagues deviennent fortes, savent que c’est le moment où débute le flux ; lorsque le gonflement disparaît et que les vagues ainsi que les vents s’apaisent, ils savent que l’on est au temps du reflux.

Quant aux riverains des criques (5) et des côtes, ils constatent, au moment du flux, un mouvement de l’eau qui monte du bas vers le haut ; quand l’eau se retire et descend, ils reconnaissent que l’on est à l’heure du reflux.

(1) Dans l’édition « Al-Sirr al-Maktum », on lit : « mashriqan fi mashariq » (« à l’est, vers les orients »). (2) « Al-Sirr al-Maktum » ajoute ici — omission sans doute due à une saute de regard — la phrase suivante : « Lorsque la lune décline de son zénith, l’eau se retire et la mer reflue ; ce reflux se poursuit jusqu’à ce que la lune atteigne son couchant, moment où la marée basse atteint son maximum. » (3) Les manuscrits de base portent : « min tahti al-ard » (« sous la terre »), lecture que je pense corrompue par rapport au texte adopté. Dans « Al-Sirr », on lit : « ibtada’a al-madd hunaka fi al-marra thaniya » (« là, la marée a recommencé une seconde fois »). (4) Le texte correct est « irtifa‘an wa ‘uluwwan » (« élévation et hauteur »). Le manuscrit (T) donne « infitahan », et, plus loin, « al-infitah » ; leçon fautive. La lecture retenue suit (D, Q) et « Al-Sirr al-Maktum ». (5) Pluriel de shatt : « les berges » (sing. shati’).
القمر وغروبه، وذلك موجودٌ في بحر فارس وبحر الهند وكذلك بحر الصِّين. وكيفيَّته: أنه إذا بلغ القمرُ مشرقًا من مشارق البحر (١) ابتدأ البحرُ بالمَدِّ، ولا يزالُ كذلك إلى أن يصيرَ القمرُ إلى وسط سماء ذلك الموضع, فعند ذلك ينتهي [المدُّ] منتهاه (٢)، فإذا زال القمرُ من مغرب ذلك الموضع ابتدأ المدُّ مرةً أخرى (٣)، ولا يزالُ زائدًا إلى أن يصَل القمرُ إلى وتد الأرض، فحينئذٍ ينتهي المدُّ منتهاه، ثمَّ يبتداء الجَزْرُ ثانيًا، ويرجعُ الماءُ كما كان. وسُكَّانُ البحر كلَّما رأوا في البحر انتفاخًا (٤) وهيجانَ رياحٍ عاصفةٍ وأمواجٍ شديدة، علموا أنه [وقتُ] ابتداءِ المَدِّ، فإذا ذهبَ الانتفاخُ وقلَّت الأمواجُ والرياحُ علموا أنه وقتُ الجَزْر. وأمَّا أصحابُ الشُّطوط (٥) والسَّواحل فإنهم يجدونَ عندهم في وقت المَدِّ للماء حركةً من أسفله إلى أعلاه، فإذا رجعَ الماءُ ونزل فذلك وقتُ الجَزْر.
(١) «السر المكتوم»: «مشرقا في مشارق». (٢) هنا زيادة في «السر المكتوم» أخشى أن تكون سقطت لانتقال النظر: «فإذا انحطَّ القمر من وسط سَمَاه جرَزَ الماءُ ورجع البحر، ولا يزال كذلك راجعًا إلى أن يبلغ القمر مغربه، فعند ذلك ينتهي الجزر إلى منتهاه». (٣) في الأصول: «من تحت الأرض». وأحسبه تحرَّف عما أثبت. وفي «السر»: «ابتدأ المد هناك في المرة ثانية». (٤) ارتفاعًا وعلوًّا. وفي (ت): «انفتاحا». وفي الموضع الثاني: «الانفتاح». وهو تحريف. والمثبت من (د، ق) و «السر المكتوم». (٥) جمع: شطٍّ. وهو الشاطاء.

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