et de leur fraîcheur ; en effet, le tigre (1) et l’éléphant ne vivent que dans le territoire de l’Inde ; on ne les rencontre pas dans les autres régions dont la chaleur est moindre. Il en va de même pour la gazelle musquée (2), le rhinocéros (3) et bien d’autres espèces encore.
Nous ne contestons pas davantage l’action de la lune, lorsqu’elle est pleine, sur les éléments humides, jusque dans l’alternance du reflux et du flux des mers : pour certaines d’entre elles, la marée commence à croître dès que la lune se sépare du soleil jusqu’à la plénitude, puis elle (4) amorce son déclin ; cette diminution se poursuit au rythme du déclin de la lune, jusqu’à atteindre son minimum au moment de la nouvelle lune.
Il est aussi des mers où le flux et le reflux se produisent chaque jour et chaque nuit, au lever
(1) Le passage est absent des manuscrits D et Q ; Ibn Bardas a noté en surcharge, en caractères très fins : « ainsi ». Le manuscrit T porte « al-bayz », et le manuscrit Ṭ « al-nasr » ; ces deux formes sont fautives. La leçon correcte, confirmée par « al-Sirr al-maktum », est al-babr : grand fauve indien comparable au lion par la taille et la force, ventre et flancs blanchâtres tirant sur le jaune, rayé de bandes noires. C’est l’animal appelé en anglais « tiger ». De nos jours, on le nomme souvent nimr (panthère), bien que le nimr soit moucheté, de moindre taille et présent en Asie, en Afrique, etc. — Références : al-Hayawan d’al-Jahiz, 7/131, 170 ; Thimar al-qulub, 769 ; Hayat al-hayawan, 1/379 ; Muʿjam al-hayawan, 149, 248 ; Muʿjam al-alfaz al-ziraʿiyya de l’émir al-Shihabi, 483, 643 ; Encyclopédie arabe mondiale, art. « al-babr ».
(2) Voir : Muruj al-dhahab, 1/188 ; Hayat al-hayawan, 3/57.
(3) Al-Sirr al-maktum lit : al-karkadann, l’un de ses noms ; on l’appelle aujourd’hui « wahid al-qarn » (rhinocéros). Voir : al-Hayawan, 7/123, 170 et 6/27 ; Qasd al-sabil, 1/393 ; Muʿjam al-hayawan, 203 ; al-Muʿjam al-wasit, 784.
(4) Omission dans les manuscrits T et Q.