Un jour, un groupe de dignitaires et de notables se réunit ; l’un d’eux récita : « Lorsque le soleil sera enroulé (1), lorsque les étoiles perdront leur éclat (2), lorsque les montagnes seront mises en marche… », jusqu’au verset : « Alors chaque âme saura ce qu’elle aura préparé » (s. At-Takwîr 81 : 1-14). Parmi l’assistance se trouvait Abû al-Wafâ Ibn ‘Aqîl (1). Quelqu’un l’interpella : « Maître, admettons qu’Il ressuscite les morts pour la Résurrection et le Jugement, qu’Il marie les âmes à leurs pareils pour la récompense et la punition ; quelle sagesse y a-t-il donc à démolir (2) les édifices, déplacer les montagnes, niveler la terre, fendre le ciel, disperser les étoiles, ruiner ce monde, enrouler son soleil et faire s’éclipser sa lune ? »
Ibn ‘Aqîl répondit aussitôt : « Il n’a bâti pour eux cette demeure que pour qu’ils y résident et s’y délectent, et Il l’a faite, elle et tout ce qu’elle contient, matière à méditation, à réflexion et à preuve conduisant à Lui, grâce à une observation pénétrante et un rappel constant. Lorsque la durée du séjour arriva à son terme et qu’Il expulsa les habitants de la demeure, Il la rasa, puisqu’elle était désormais vide. Par cette transformation des états, l’apparition de ces effrois et la manifestation de cette œuvre prodigieuse, Il veut leur montrer la perfection de Sa puissance, l’ultime degré de Sa sagesse, la grandeur de Sa seigneurie (3), la splendeur de Sa majesté et l’immensité de Son rang (4), tout en confondant les athées, les hérétiques parmi les astrologues et les adorateurs des planètes, du soleil, de la lune et des idoles, afin que les négateurs sachent qu’ils étaient des menteurs. Lorsqu’ils verront que les monuments de leurs divinités se sont effondrés, que leurs objets de culte ont volé en éclats, et que les sphères qu’ils prétendaient — elles et tout ce qu’elles contiennent — être les seigneurs dominants de cet univers se sont fendues…"}