d’une simple épingle(1) qui n’atteint aucun but(2) ni ne soulage aucun mal. C’est pourquoi nous avons emprunté cette voie, afin que leur propos soit rejeté quelles que soient les opinions exprimées au sein de la communauté(3). Allah est notre seul soutien, c’est en Lui que nous plaçons toute notre confiance ; il n’est de puissance ni de force si ce n’est par Allah.
Nous disons donc : Quant à votre affirmation selon laquelle le jardin d’où Adam fut fait descendre ne serait pas le Paradis de l’éternité mais un autre jardin, la question a fait l’objet d’une divergence(4). Or l’avis le plus répandu, aussi bien chez les spécialistes que chez le commun des croyants — au point qu’aucune autre idée ne leur traverse l’esprit — est qu’il s’agit bel et bien du Paradis de l’éternité, préparé pour les pieux ; plus d’un savant parmi les Anciens l’a d’ailleurs explicitement affirmé.
(1) Son explication sera donnée plus loin (p. 1035).
(2) Ms. Q lit : « yaḥṣulu gharaḍan » — affirmatif ; la leçon retenue ici est la bonne.
(3) Ms. Q lit : « al-aʾimma » (les imâms).
(4) Voir notamment : Hâdî al-arwâḥ, p. 45-90 ; Ibn Kathîr, al-Bidâya wa-n-nihâya, 1/175-180 ; al-Dhahabî, Siyâr aʿlâm al-nubalâʾ, 15/558 ; al-Mâturîdî, Taʾwîlât ahl as-sunna, 1/106 ; al-Sharîf al-Raḍî, Ḥaqâʾiq al-taʾwîl, p. 246 ; al-Mâwardî, Aʿlâm al-nubuwwa, p. 54 ; al-Shahrastânî, Mafâtîḥ al-asrâr, 1/282, 287 ; al-Ṭûsî, al-Tibyân, 1/135, 156, 4/367 ; al-Qurṭubî, Tafsîr, 1/302 ; Abû Ḥayyân, al-Baḥr al-muḥîṭ, 1/156 ; al-Âlûsî, Rûḥ al-maʿânî, 1/234 ; Ibn ʿÂshûr, al-Taḥrîr wa-t-tanwîr, 1/430 ; Tafsîr al-Manâr, 1/277 ; al-Qâsimî, Maḥâsin al-taʾwîl, 2/111 ; al-Qâḍî ʿIyâḍ, Ikmâl al-muʿallim, 6/306, 8/138 ; Ibn Ḥajar, Fatḥ al-bârî, 11/520 ; Ibn Hishâm, al-Tijân, p. 18 ; Nashwân, Shams al-ʿulûm, n° 6859 ; al-Muqaddasî, al-Badʾ wa-t-târîkh, 2/84 ; al-Tibrîzî, al-Lamʿa al-bayḍâʾ, p. 422 (dont la marge recense les sources chiites sur la question). Voir aussi les références citées dans les commentaires. Il s’agit d’une controverse qu’il convient de trancher et de dépasser, comme l’affirme Ibn Kathîr, bien qu’elle ne relève pas des fondements de la foi.