Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

On répondra donc : nous ne vous avons jamais contesté l’influence du Soleil et de la Lune sur ce monde — qu’il s’agisse de chaleur, d’humidité, de froid, de sécheresse et de tout ce qui en découle — ni leur action sur les corps des animaux et des végétaux. Cependant, ils ne sont qu’une composante de la cause agissante et non la cause totale ; l’effet du Soleil, par exemple, ne se manifeste qu’au moyen de l’air et de sa capacité à recevoir la chaleur produite par la réflexion des rayons solaires lorsque ceux-ci font face au globe terrestre. Cette réceptivité varie selon que le Soleil se rapproche ou s’éloigne de la Terre ; l’état de l’air et celui des vapeurs diffèrent alors — condensation et froid, subtilité et chaleur — et les effets varient en fonction de ces facteurs. Le Soleil n’est donc qu’un élément de la causalité (1) ; la Terre en est un autre, l’air un troisième, la configuration qui provoque la réflexion des rayons un quatrième, et enfin le support apte à recevoir l’influence et à réagir un cinquième.

Nous ne nions pas que l’intensité du froid provienne de l’éloignement du Soleil du zénith au-dessus de nos têtes, ni que la grande chaleur résulte de sa proximité avec ce même zénith.

Nous ne contestons pas davantage que, lorsque le Soleil se lève, les êtres animés — qu’ils soient doués de parole ou non — sortent de leurs refuges ; vigueur et mouvement apparaissent alors en eux. Tant que le Soleil s’élève dans le quadrant oriental (2), les mouvements des animaux gagnent en ampleur, en force et en perfection ; mais dès qu’il décline du milieu du ciel, leurs déplacements et leurs forces commencent à faiblir. Cet état se maintient jusqu’au coucher du Soleil ; et plus la lumière solaire s’éloigne de ce monde, plus la faiblesse et la torpeur gagnent l’activité animale : les corps s’apaisent et les créatures retournent à leurs abris. Quand le Soleil se lève de nouveau, elles reviennent à leur état initial.

(1) Les manuscrits portent : « et la cause en est la part du soleil en cela » ; il s’agit d’un simple lapsus de copiste. (2) Al-Sirr al-maktum, p. 21 : « ascendant jusqu’au milieu de leur ciel ».
فيقال: نحن لم ننازعكم في تأثير الشَّمس والقمر في هذا العالَم بالحرارة والرطوبة والبرودة واليُبوسة وتوابعها، وتأثيرها في أبدان الحيوان والنبات، ولكنْ هما جزءٌ من السبب المؤثِّر، وليسا بمؤثِّرٍ تامٍّ، فإنَّ تأثيرَ الشَّمس مثلًا إنما كان بواسطة الهواء وقبوله للسُّخونة والحرارة بانعكاس شعاع الشَّمس عليه عند مقابلتها لجِرْم الأرض، ويختلفُ هذا القبولُ عند قُرب الشَّمس من الأرض وبُعْدِها، فيختلفُ حالُ الهواء وأحوالُ الأبخرة في تكاثُفها وبرودتها وتلطُّفها وحرارتها، فتختلفُ التأثيراتُ باختلاف هذه الأسباب، والشَّمس جزءُ السبب (١) في ذلك، والأرضُ جزء، والهواءُ جزء، والمقابلةُ الموجِبةُ لانعكاس الأشعَّة جزء، والمحلُّ القابلُ للتأثير والانفعال جزء. ونحن لا ننكرُ أنَّ قوةَ البرد بسبب بُعْدِ الشَّمس عن سَمْتِ رؤوسنا، وقوةَ الحرِّ بسبب قُرب الشَّمس من سَمْتِ رؤوسنا. ولا ننكرُ أنَّ الشَّمس إذا طلعت فإنَّ الحيوانَ ناطقَه وبهيمَه يخرجُ من مكامنه وأكنَّته، وتظهرُ القوةُ والحركةُ فيهم، ثمَّ مادامت الشَّمس صاعدةً في الربع الشرقيِّ (٢) فحركاتُ الحيوان في الازدياد والقوَّة والاستكمال، فإذا مالت الشَّمس عن وسط السماء أخذَت حركاتُ الحيوان وقُواهم في الضعف، وتستمرُّ هذه الحالُ إلى غروب الشَّمس، ثمَّ كلما ازدادَ نورُ الشَّمس عن هذا العالم بُعْدًا ازدادَ الضعفُ والفتورُ في حركة الحيوان، وهدأت الأجساد، ورجعت الحيواناتُ إلى مكامِنها، فإذا طلعت الشَّمس رجعوا إلى الحالة الأولى.
(١) في الأصول: «والسبب جزء الشمس في ذلك». سبق قلم. (٢) «السر المكتوم» (٢١): «صاعدة إلى وسط سمائهم».

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