celles de Mars (1). Or ils ne l’admettent pas.
Quant à Mercure, bien que nous l’observions sous des teintes différentes selon les moments, la raison en est que nous ne le voyons jamais qu’à proximité de l’horizon ; il se trouve alors entre lui et nous des vapeurs variées, d’où la diversité inévitable de sa couleur (2).
Quant à la Lune, votre dernier maître, Abû Maʿshar, a déclaré que n’attribuent la blancheur à sa couleur que ceux qui sont privés de perception visuelle (3).
Il apparaît donc clairement que votre théorie sur les natures des planètes est vaine, contradictoire et incohérente.
Aussi, lorsque certains de vos savants distingués ont compris la fausseté de cette thèse — que la raison même réfute —, ils s’en sont détournés, l’ont rejetée et ont dit : « Par ces forces et ces natures, nous ne faisons que désigner les effets qui émanent de chacun des corps célestes et atteignent les êtres soumis à la génération et à la corruption ; ce n’est pas leur nature propre qui produit ces effets, mais ce qui procède d’eux peut devenir chaud, froid, humide ou sec, comme on dit : “Le mouvement réchauffe et le jeûne dessèche” (4). Ils n’agissent donc pas par leur essence, mais par les phénomènes qui résultent d’eux. »
Ainsi Ptolémée a affirmé : « La Lune humidifie et le Soleil réchauffe selon ce qui émane d’eux », et les êtres passifs réagissent à ces forces, non parce que leurs natures intrinsèques seraient porteuses de ces qualités.