Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

celles de Mars (1). Or ils ne l’admettent pas.

Quant à Mercure, bien que nous l’observions sous des teintes différentes selon les moments, la raison en est que nous ne le voyons jamais qu’à proximité de l’horizon ; il se trouve alors entre lui et nous des vapeurs variées, d’où la diversité inévitable de sa couleur (2).

Quant à la Lune, votre dernier maître, Abû Maʿshar, a déclaré que n’attribuent la blancheur à sa couleur que ceux qui sont privés de perception visuelle (3).

Il apparaît donc clairement que votre théorie sur les natures des planètes est vaine, contradictoire et incohérente.

Aussi, lorsque certains de vos savants distingués ont compris la fausseté de cette thèse — que la raison même réfute —, ils s’en sont détournés, l’ont rejetée et ont dit : « Par ces forces et ces natures, nous ne faisons que désigner les effets qui émanent de chacun des corps célestes et atteignent les êtres soumis à la génération et à la corruption ; ce n’est pas leur nature propre qui produit ces effets, mais ce qui procède d’eux peut devenir chaud, froid, humide ou sec, comme on dit : “Le mouvement réchauffe et le jeûne dessèche” (4). Ils n’agissent donc pas par leur essence, mais par les phénomènes qui résultent d’eux. »

Ainsi Ptolémée a affirmé : « La Lune humidifie et le Soleil réchauffe selon ce qui émane d’eux », et les êtres passifs réagissent à ces forces, non parce que leurs natures intrinsèques seraient porteuses de ces qualités.

(1) Dans Al-sirr al-maktum, on lit : « Il faudrait donc que le soleil fût plus brûlant que le feu ». C’est inexact. (2) Le manuscrit (Q) porte : « akhlafa lawnuhu » (sa couleur a changé). (3) Al-Razi ajoute : « On peut répondre que ces rapprochements chromatiques éveillent des conjectures ; lorsque l’expérience vient s’y joindre, elle les confirme, d’où leur jugement catégorique. » (4) Voir : Ibn al-Qayyim, Zad al-maad, t. 4, p. 246 ; Ibn al-Hajj, Al-madkhal, t. 1, p. 288.
حرارة المرِّيخ (١). وهم لا يقولون بذلك. وأمَّا عُطارد، فإنَّا وإنْ رأيناه متخلفَ اللون في الأوقات المختلفة إلا أنَّ السببَ فيه أنَّا لا نراه إلا إذا كان قريبًا من الأفق، وحينئذٍ يكونُ بيننا وبينه بخاراتٌ مختلفة، فلا جَرَمَ اختلفَ لونه (٢) لهذا السبب. وأمَّا القمر، فقد قال زعيمُكم المؤخَّر أبو معشر: إنه لا يَنْسِبُ لونَه إلى البياض إلا من عَدِمَ الحِسَّ البصريَّ (٣). فتبينَّ بطلانُ قولكم في طبائع الكواكب وتناقضُه واختلافُه. ولما علم بعض فضلائكم فسادَ قولكم في طبائع الكواكب، وأنَّ العقلَ يشهدُ بتكذيبه، صدَفَ عنه وأنكره، وقال: إنما نشيرُ بهذه القوى والطبائع إلى ما يحدثُ عن كلِّ واحدٍ من الأجرام السماويَّة وينفعلُ بها من الكائنات الفاسدات، لا أنها بطبائعها تفعلُ ذلك، بل يحدثُ عنها ما يكونُ حارًّا أو باردًا أو رطبًا أو يابسًا، كما يقال: إنَّ الحركةَ تُسَخِّنُ والصَّومَ يجفِّف (٤)، لا على أنها تفعلُ ذلك بطبائعها، بل بما يحدُث عنها، فبَطْليموس قال: إنَّ القمرَ يرطِّبُ والشَّمس تسخِّنُ بحسب ما يحدثُ عنهما، وتنفعلُ المنفعلاتُ بتلك القوى، لا بأنَّ طبائعَها مكيِّفات.
(١) «السر المكتوم»: «وجب أن تكون الشمس أكثر سخونة من النار». وهو خطأ. (٢) (ق): «أخلف لونه». (٣) ثم أجاب الرازي: «ويمكن أن يجاب عن هذه الأسئلة بأن هذه التشابهات في الألوان توجبُ حركةً للظنون، فلما انضافت التجارب إليها كانت مطابقةً لتلك الظنون، فلا جرم حكموا بها قطعًا». (٤) انظر: «زاد المعاد» (٤/ ٢٤٦)، و «المدخل» لابن الحاج (١/ ٢٨٨).

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