Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

aucun des deux arguments (1) qui nous avaient fourni un indice sur la nature de Mercure ; bien au contraire, ce que l’on constate chez elles est tout l’inverse (2) : elles restent, la plupart du temps, fort éloignées du Soleil, et leur orbe est la plus distante de toutes les sphères planétaires par rapport à la sphère de la Lune.
Ils ajoutent : « Les astres qui se trouvent dans la constellation d’al-ʿAwāʾ (3) ressemblent parfois à Mercure et à Saturne, et, à d’autres moments, à Jupiter et à Mars. »
Je dis : Vos érudits (4) ont appuyé la diversité des tempéraments planétaires sur la diversité de leurs couleurs. Ils ont ainsi déclaré : « Saturne présente une teinte gris-brune et sombre (5) ; nous en avons donc conclu qu’il appartient à la complexion de la bile noire, laquelle est froide et sèche, car cette bile se manifeste, parmi les colorations, par la grisaille. »
Quant à Mars, sa couleur évoque celle du feu ; il n’est donc pas étonnant que nous ayons affirmé que sa nature est chaude et sèche.
Quant au Soleil, il est chaud et sec pour deux raisons : la première est que sa couleur tire vers le rouge ; la seconde, que nous savons d’évidence (6) qu’il réchauffe les corps et dessèche les humidités.

(1) Le manuscrit T lit : « les deux choses ». (2) Les manuscrits portent « ad-dawr » (le cycle), lecture manifestement fautive. (3) Q lit « an-nafad », D est lacunaire, T donne « al-maqad ». La graphie laisse plutôt attendre « al-awaʾ » et « al-uqab », deux constellations bien connues, analogues à celle d’al-jathi mentionnée plus haut ; voir les deux sources précédentes. (4) Il s’agit de Fakhr ad-Din ar-Razi, As-Sirr al-maktum, p. 34. (5) al-kumda : altération de la couleur et perte de son éclat (Lisan, s.v. k-m-d). al-kumuda (forme plus récente) : teinte sombre proche du noir. Cf. al-Mawaqif d’al-Iji, 2/458 ; Sabil al-huda wa-r-rashad, 2/261. (6) Les manuscrits lisent « bi-tadbîr », sans doute une erreur. As-Sirr al-maktum précise : « il est manifeste qu’elles réchauffent les corps et assèchent les humeurs ».
من السَّببين (١) اللذَيْن دلَّا على طبيعة عطارد شيئًا، بل الذي (٢) يوجَدُ لها ضدُّ ذلك، وهو أنها بعيدةٌ من الشَّمس في أكثر الأوقات، وأن فلكها أبعدُ أفلاك الكواكب من كرة القمر. وقالوا: إنَّ الكواكبَ التي في العواء (٣) تشبهُ حالَ عطارد وزُحَل في بعض الأوقات، وتشبهُ حالَ المشتري والمرِّيخ في بعضها». قلت: وقد استدلَّ فضلاؤكم (٤) على اختلاف طبائع الكواكب باختلاف ألوانها، فقالوا: زُحَل لونُه الغُبْرة والكُمُودة (٥)، فحكمنا بأنه على طبع السَّوداء، وهو البردُ واليُبس، فإنَّ السوداء لها من الألوانِ الغُبْرةُ. وأمَّا المرِّيخُ، فإنه يشبهُ لونُه لونَ النار، فلا جرَمَ قلنا: طبعُه حارٌّ يابس. وأمَّا الشَّمس، فهي حارَّةٌ يابسة؛ لوجهين: أحدهما: أنَّ لونها يشبهُ لونَ الحُمْرة. الثاني: أنَّا نعلمُ بالبديهة (٦) أنها مسخِّنةٌ للأجسام، منشِّفةٌ للرطوبات.
(١) (ت): «الشيئين». (٢) في الأصول: «الدور». وهو تحريف. (٣) (ق): «النفاد». ومهملة في (د). (ت): «المقاد». وأقرب ما يحتمله الرسم من الصواب: العواء، والعقاب. وهما كوكبتان معروفتان، ككوكبة الجاثي المتقدمة. انظر المصدرين السابقين. (٤) وهو الرازي، في «السر المكتوم» (٣٤). (٥) الكُمْدة: تغيُّر اللون وذهاب صفائه. «اللسان» (كمد). والكمودة (وهي محدثة): القُتمة القريبة من السَّواد. انظر: «المواقف» للإيجي (٢/ ٤٥٨)، و «سبل الهدى والرشاد» (٢/ ٢٦١). (٦) في الأصول: «بالتدبير». ولعله محرفٌ عما أثبت. وفي «السر المكتوم»: «أن كونها مسخنة للأجسام، منشفة للرطوبات، أمرٌ ظاهر».

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