Quant au fait que le Soleil se situe au-dessous de lui, cela n’implique nullement qu’il l’influence ni qu’il lui confère la faculté de dessécher et de brûler. En vérité, si le Soleil produisait en lui cet effet et le lui transmettait, il conviendrait d’autant plus qu’il le communique à Vénus ; car son orbe (1) est placé au-dessus de la sphère de Vénus et son rapport à celle-ci est identique à son rapport avec la sphère de Mars. Pourquoi donc Vénus ne posséderait-elle pas, elle aussi, la puissance de dessiccation et d’incinération ? Bien au contraire, l’action du Soleil sur ce qui est au-dessous de lui est plus plausible que son action sur ce qui est au-dessus.
L’auteur de l’Épître a dit : « Les astres fixes (2) du Grand Chariot (3) ont une force comparable à celle de Mars. » Voilà une méprise flagrante : la couleur de ces astres n’a rien de commun avec celle du feu, et la sphère où se trouve le Soleil n’est pas située sous eux ; c’est la sphère où se trouve Saturne qui est placée immédiatement au-dessous. Ils devraient donc, à plus juste titre, être comparés à Saturne ; car ils se tiennent au-dessus de lui et leur éloignement du Soleil et des chaleurs terrestres dépasse encore le sien.
Je dis : Il est vraiment étonnant que ces gens, bien qu’ils connaissent l’assertion de leur maître Ptolémée selon laquelle la nature des corps célestes est une et indivisible, aillent néanmoins qualifier certains de chauds, d’autres de froids, et, de la même façon, d’humides ou de secs !
Il ajoute : « Ils prétendent que Mercure est modéré dans le pouvoir de dessécher comme dans celui d’humidifier, parce qu’il ne s’éloigne jamais beaucoup de l’ardeur du Soleil et que son emplacement n’est pas au-dessus de la sphère de la Lune ; ils soutiennent pareillement que les étoiles fixes situées dans la constellation al-Jâthî (4) partagent la même condition que lui, et qu’il ne se trouve pour elles…»