Ils prétendent également que la vertu de la Lune est d’humidifier et que la cause en est la proximité de sa sphère de la Terre, laquelle lui permet de recevoir les vapeurs humides qui s’en élèvent ; que la vertu de Saturne est de refroidir et de dessécher légèrement, en raison de son éloignement de la chaleur solaire et des vapeurs humides qui montent de la Terre ; que la vertu de Mars est desséchante et brûlante, du fait que sa couleur ressemble à celle du feu et qu’il se trouve à proximité du Soleil, puisque la sphère où se tient le Soleil est placée au-dessous de la sienne. »
Je dis : qu’un esprit raisonnable considère donc les multiples impossibilités que renferme ce discours (1). Quel rapport en effet entre la sphère céleste et l’arrivée jusqu’à elle des vapeurs terrestres ? Ces vapeurs auraient-elles la force de s’élever jusqu’à la surface du ciel malgré l’excessive distance ? Lorsqu’une vapeur monte, sa limite supérieure n’excède pas l’altitude des nuages. Les réalités supérieures pourraient-elles alors être affectées par la nature des réalités inférieures, adopter leurs qualités et se laisser modifier par elles ?
Une autre preuve de la fausseté de ces propos est que, si la Lune devenait réellement humide grâce aux vapeurs, son humidité devrait augmenter chaque jour, puisqu’elle les reçoit continuellement ; or ils ne le soutiennent pas.
Et si quelque obstiné parmi eux s’y tenait et affirmait : « Elle gagne en humidité chaque jour », on lui répondrait : « Qu’est-ce qui t’empêche d’admettre que l’influence néfaste de Saturne et de Mars s’accroît elle aussi, de sorte qu’elle est aujourd’hui plus forte qu’hier ? »
Si vous ouvrez cette porte, le bénéfique pourrait bien se muer en maléfique — et inversement ; ce qui ferait disparaître toute assurance dans les fondements mêmes de cette science.