Discuter avec les partisans de la hayûlâ (matière première) relève d’un autre chapitre qui n’a pas sa place ici (1) ; car la thèse selon laquelle le corps résulterait de la combinaison de la matière et de la forme est entachée d’erreurs sous bien des rapports. Rien n’est fondé, en la matière, hormis la hayûlâ dite « artisanale », telle que le bois pour un lit, et la hayûlâ « naturelle », telle que le sperme pour l’enfant à naître : autrement dit, la simple matière, qu’elle soit industrielle ou naturelle. Tout le reste n’est que fantasme et impossibilité. Qu’Allah accorde Son secours.
Revenons au propos de l’auteur de l’épître, lequel dit :
« Parmi leurs allégations (2) : ils prétendent que, si un fils de roi et un fils de barbier-sangueur naissent dans la même ville, au même moment, sous le même ascendant et le même degré, et que tous les autres indices de félicité se retrouvent dans leurs deux thèmes, il faudra nécessairement que le premier devienne un grand souverain, habile à gouverner et à administrer, tandis que le second devienne un barbier consommé.
Cette opinion retire aux astres la faculté d’indiquer les changements qui surviennent dans l’état de l’homme et les cantonne à montrer seulement son habileté—ou son manque d’habileté—dans le métier de son père (3). »
Je dis, pour ma part : l’invalidité de leur propos apparaît encore plus clairement si l’on se rappelle que Ptolémée ne retient que trois planètes comme indicatrices des métiers : Mars, Vénus et Mercure. En effet, dit-il, toute activité manuelle requiert nécessairement trois éléments : premièrement la connaissance ; deuxièmement l’outil ; troisièmement une certaine dextérité (4) de la main, afin que l’ouvrage réalisé sorte beau.