Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est pourquoi la détermination du sexe est indissociable du terme de la vie, de la subsistance, du bonheur et du malheur : l’ange chargé de l’embryon demande la permission de son Seigneur et Créateur en disant : « Ô Seigneur, sera-t-il garçon ou fille ? Heureux ou malheureux ? Quelle sera sa subsistance ? Quel sera son terme ? » Dieu décrète ce qu’Il veut et l’ange l’inscrit.

Pour un examen approfondi de cette question, il est un autre lieu plus approprié que celui-ci ; nous l’avons traitée de façon exhaustive dans notre ouvrage intitulé « Ar-Rûh wa-n-Nafs, leurs états, leur infortune, leur félicité et leur demeure après la mort » (1).

Notre but, ici, est de discuter les théories des ahkâmiyyûn, ces astrologues qui prétendent tirer des jugements des astres, de montrer leur incohérence et de prouver qu’elles relèvent davantage de l’impossible et de l’imaginaire que de la science et de la réalité.

Quant à l’argument avancé par votre défenseur – à savoir que, lorsque le soleil est exactement au-dessus de nos têtes, prévalent la chaleur et la sécheresse, propriétés de la nature masculine, tandis que, lorsque la lune occupe cette position, dominent le froid et l’humidité, propriétés de la nature féminine –,

nous répondons : rien de tout cela ne prouve, de quelque manière que ce soit, la féminité de la lune ni la masculinité du soleil. Le froid et l’humidité proviennent aussi de l’éloignement du soleil du zénith, de son inclinaison par rapport à la verticale et de son passage dans les constellations septentrionales, que la lune soit ou non à la verticale. Suivant votre raisonnement, la cause de ce froid devrait donc être féminine – ce qu’aucun esprit sensé ne saurait admettre. Les causes en sont, en réalité, purement naturelles : le refroidissement de l’air, sa condensation et l’affaiblissement (2) de l’action du soleil dans la dissolution des vapeurs génératrices de chaleur, du fait de son éloignement du zénith.

(1) Il s’agit d’un ouvrage volumineux auquel l’auteur renvoie dans plusieurs de ses écrits ; voir Jalaʾ al-afham, p. 298 et 371. Il ne s’agit donc pas du livre imprimé intitulé Ar-ruh, puisque, p. 202, celui-ci renvoie précisément à ce grand traité. Voir aussi B. Abou Zayd, Ibn Qayyim al-Jawziyya, p. 258. (2) Le manuscrit D omet ce passage ; le manuscrit Q lit : « wa-saʿb ».
ولهذا هو قرينُ الأجل والرِّزق والسَّعادة والشَّقاوة، حيث يستأذنُ المَلَكُ الموكَّل بالمولود ربَّه وخالقَه، فيقول: يا ربِّ، أذكرٌ أم أنثى؟ سعيدٌ أم شقيٌّ؟ فما الرِّزق؟ فما الأجل؟ فيقضي الله ما يشاء، ويكتبُ المَلَك. ولاستقصاء الكلام في هذه المسألة موضعٌ هو أليقُ بها من هذا، وقد أشبعنا الكلامَ فيها في كتاب «الرُّوح والنفس وأحوالها وشقاوتها وسعادتها ومقرِّها بعد الموت» (١). والمقصودُ الكلامُ على أقوال الأحكاميِّين من أصحاب النجوم، وبيانُ تهافُتِها، وأنها إلى المُحالات والتخيُّلات أقربُ منها إلى العلوم والحقائق. وأمَّا قولُ المنتصر لكم: إنَّ الشَّمس إذا كانت مسامتةً للرؤوس كان الحرُّ واليُبس، وهما من طبيعة الذُّكور، وإذا كان القمرُ مسامتًا للرؤوس كان البردُ والرطوبة، وهما من طبيعة الإناث. فيقال: هذا لا يدلُّ على تأنيث القمر وتذكير الشَّمس بوجهٍ من الوجوه؛ فإنَّ البردَ والرُّطوبةَ يكونان أيضًا بسبب بُعْدِ الشَّمس من المسامتة ومَيْلها عن الرؤوس، وحصولها في البروج الشمالية، سواءٌ كان القمرُ مسامتًا أو غير مسامت، فينبغي على قولكم أن يكون سببُ هذا البرد أنثى، وهذا لا يقولُه عاقل، بل الأسبابُ طبيعيةٌ مِن بَردِ الهواء وتكاثُفه وضعفِ (٢) تأثير الشَّمس في تحليل الأبخرة التي تكونُ منها الحرارةُ بسبب بعدها عن الرؤوس،
(١) وهو كتابٌ كبير أحال عليه المصنف في بعض كتبه. انظر: «جلاء الأفهام» (٢٩٨، ٣٧١). وليس هو كتاب «الروح» المطبوع، فإنه أحال فيه على كتابه الكبير هذا (ص: ٢٠٢). وانظر: «ابن قيم الجوزية» للشيخ بكر أبو زيد (٢٥٨). (٢) مهملة في (د). وفي (ق): «وصعب».

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