Ils ajoutent encore ceci : lorsque le Soleil passe près du zénith, la chaleur et la sécheresse dominent, phénomènes qu’ils tiennent pour caractéristiques de la nature masculine ; inversement, lorsque la Lune s’approche du zénith durant la nuit, règnent le froid et l’humidité, qu’ils attribuent, eux, à la nature féminine.
Que l’homme sensé et avisé s’émerveille donc de pareilles sornettes !
Quant à l’attribution du genre — masculin ou féminin — aux membres du corps humain, elle tient uniquement à la langue : l’ajout de la marque du féminin dans leur diminutif, dans leur qualification, dans le prédicat qui les concerne, dans le pronom qui y renvoie, ainsi que dans leur pluriel au féminin. Rien de tout cela n’a le moindre rapport avec la nature ou le tempérament propre de l’organe.
De la même façon, les grammairiens disent : « shams (le Soleil) est féminin », parce qu’on y joint la marque féminine dans le diminutif — on dit : shumayysa — et dans des énoncés tels que : « ash-shams ṭāliʿa » (« le soleil se lève ») ; alors que qamar (la Lune) est masculin, faute de porter cette marque dans de telles constructions.
C’est sur ce fondement uniquement que l’on parle de masculin et de féminin pour les organes des êtres vivants.
En revanche, votre répartition des constellations et des parties du firmament en entités masculines et féminines ne se fonde pas sur ce critère linguistique, mais sur celui de l’action et de la réaction, de la chaleur et de l’humidité ; assimiler l’un de ces deux domaines à l’autre n’est que supercherie et ignorance.
Quant à l’idée que le corps serait composé de la hylè et de la forme, la plupart des esprits rationnels l’ont écartée (1) ; ils soutiennent que le corps est une seule entité continue, qui subit tour à tour conjonction et disjonction, de même qu’il accueille d’autres accidents. Le fait qu’il les accueille n’implique nullement qu’il soit, de par sa nature, constitué de cette conjonction