en tranches de cinquante-huit minutes et de cent cinquante minutes (1). Il examine ensuite : si le signe est masculin, il attribue la première tranche au masculin puis la seconde au féminin, et il poursuit ainsi jusqu’à ce que toutes les tranches aient été distribuées ; si le signe est féminin, il réserve la première au féminin puis la seconde au masculin, et il continue de la sorte jusqu’au bout.
Or, si l’on supposait qu’un autre ignorant surgisse, qu’il saute (2) sur ces agencements, les renverse et disserte à leur sujet, son discours ne serait pas d’une autre nature que le leur ; ils ne disposeraient d’aucune preuve pour le réfuter. Bien plus, s’ils voyaient qu’il avait visé juste dans une partie — et non dans la plupart — de ses jugements, ils lui feraient bonne opinion, adopteraient sa parole et le prendraient pour modèle ! Tel est le propre du faux.
Revenons maintenant aux paroles de ʿIsâ dans son épître. Il dit : « Ils ont divergé au sujet des limites : les Égyptiens prétendent qu’on les prend auprès des seigneurs des maisons, tandis que les Chaldéens affirment qu’elles proviennent des gouverneurs des trigones (3). »
Or, lorsque ceux qu’ils prennent pour guides (4) divergent à ce point jusque dans leurs fondements, et qu’ils ne sont pas du genre à réclamer une démonstration ni à n’adopter une opinion qu’après l’avoir vérifiée par la recherche et le raisonnement — de sorte qu’ils sauraient auprès de quel chef se trouve la vérité et dans quelle parole parmi les leurs ils doivent la suivre —, leur méthode consiste simplement à se soumettre à ce qu’ils trouvent dans les livres traduits d’une langue