Je dis : Parmi leurs élucubrations – qui ont valu aux gens doués de raison de se moquer d’eux – il y a le fait d’avoir partagé les signes du zodiaque en deux catégories : ceux au tempérament chaud et ceux au tempérament froid. Ils ont décrété que les signes « chauds » (1) étaient masculins et que les « froids » étaient féminins. Ils ont commencé par le Bélier, qu’ils ont proclamé signe masculin et chaud, puis ont qualifié le suivant de féminin et froid, et ainsi de suite jusqu’au dernier. On obtient ainsi six signes masculins et six signes féminins. Mais cette alternance n’est pas continue : après un signe masculin viennent aussitôt un autre – ou trois autres (2) – signes féminins, opposés (3) au premier quant à leur nature et à leur qualification de masculin ou de féminin. Or le découpage de la sphère céleste en signes n’est qu’une division hypothétique, purement conventionnelle. Existe-t-il, dans la kyrielle des délires débités par ces rêveurs, quelque chose de plus étonnant que cela ?
Quand l’un d’entre eux, chez qui subsistait encore une étincelle de raison, vit l’inconsistance de ce discours et les moqueries qu’il suscitait chez les gens sensés, il s’efforça, de toutes ses forces et avec toute son habileté, de le rendre plus plausible. Il déclara : « Si nous avons commencé par le masculin avant le féminin, c’est que le mâle est plus noble que la femelle ; le premier est agent, la seconde patiente ! »
Ô vous, gens de raison, émerveillez-vous – et demandez à Allah de ne pas engloutir vos facultés comme Il a englouti celles-ci – devant un tel délire ! Imaginez-vous qu’il existe, au sein des signes, un “accoupleur” et un “accouplé”, le second subissant l’action du premier du fait de sa prétendue masculinité, la féminité n’étant que la conséquence de cette action et de cette passion ?
Il dit encore (4) : « En outre, c’est la masculinité et la féminité qui expliquent le caractère impair ou pair des signes ; les impairs sont masculins, les pairs sont féminins (5). »