Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

grâce au soleil et à la lune ; de fait, les habitants du désert et ceux qui y séjournent (1) s’accordent tous pour dire que al-qiththāʾ (le concombre) s’allonge et s’épaissit sous l’influence de la lune. J’ai moi-même observé plus d’un grand arbre — figuier, mûrier ou autre — chargé de fruits : la partie qui fait face au soleil voit ses fruits mûrir plus rapidement, tandis que la partie tenue à l’ombre les conserve verts (2) et en retarde la maturation.

Il en va de même de ce que l’on constate à propos de al-rayḥān, appelé al-laynufar, de al-khubbāzā (la mauve), des feuilles de al-khiṭmiyy (la guimauve), de al-ādharyūn (le souci) (3) et de bien d’autres végétaux : nous les voyons s’animer et s’épanouir au lever du soleil, puis s’affaisser dès qu’il se couche, car tout cela relève de phénomènes perceptibles (4).

Il ne s’agit pas ici d’examiner de quelle manière agit cette influence ni par quel procédé elle se produit ; ce n’est pas le lieu, et je laisse donc cette question de côté.

Quant aux prétentions, étrangères à ces faits, selon lesquelles les astres imposeraient à tel individu de vivre tant d’années, tant de mois — certains allant jusqu’à préciser la durée à la fraction d’une heure — et que

(1) On peut aussi lire : yaʿāyinuhā (« il l’examine de ses propres yeux »). (2) Le terme figg, appliqué à toute chose, désigne ce qui n’a pas encore mûri ; cf. Lisân (racine f-j-j). (3) Plantes bien connues ; voir : al-Qâmûs al-muhît (p. 625, 1516), Nihâyat al-arab (t. 11, p. 219), al-Muʿjam al-wasît (p. 381, 215, 245) et le Muʿjam al-alfâz al-zirâʿiyya de l’émir ach-Shihâbî (p. 449, 416, 29, 24, 114). — La première renvoie à la fleur de lotus, appelée aussi « soussanat al-mâʾ » (lys d’eau) ; la dernière correspond au tournesol, que certains nomment « ʿabbâd al-shams », alors que l’adoration n’est due qu’à Allah. L’astronome al-Bîrûnî signale dans al-Saydana que le nîlufar est également nommé « wardat al-mağûs », « wardat al-shams » et « khurparast » (persan : « adorateur du soleil »). (4) Voir : Murûğ adh-dhahab, t. 2, p. 354, ainsi que p. 1282 et 1286 de la présente édition.
بالشَّمس والقمر، فإن أهلَ الصحراء ومن يُعانِيها (١) مجمعون على أن القِثَّاء تطولُ وتغلُظ بالقمر، وقد شاهدتُ غير شجرةٍ كبيرةٍ حاملةٍ من التِّين والتُّوت وغيرهما، فما قابلَ الشَّمس منها أسرعَ نضجُ الثَّمر الكائن فيه، وما خَفِي منها عنها بقي ثمرُه فِجًّا (٢) وتأخَّر إدراكُه. ومثال ذلك: ما يشاهَدُ من حال الرَّيحان الذي يقال له: اللَّينَوفَر، وحال الخُبَّازى، وورق الخِطْمِيِّ، والآذَرْيُون (٣)، وأشياء كثيرةٍ من النبات، فإنَّا نراه يتحركُ ويتفتَّحُ مع طلوع الشَّمس، ويضعُف إذا غابت؛ لأن هذه أمورٌ محسوسة (٤). وليس الكلامُ في هذا التأثير كيف هو؟ وعلى أيِّ سبيلٍ يقع؟ فما يليقُ بغرضنا هاهنا؛ فلذلك أدعُه. فأمَّا ما يزعمونه فيما عدا هذا مِن أنَّ النجوم توجبُ أن يعيش فلانٌ كذا وكذا سنة، وكذا وكذا شهرًا، وينتهونَ في التحديد إلى جزءٍ من ساعة، وأن
(١) وتحتمل قراءتها: يعاينها. (٢) الفِجُّ من كلِّ شيء: ما لم ينضج. «اللسان» (فجج). (٣) نباتات معروفة. انظر: «القاموس المحيط» (٦٢٥، ١٥١٦)، و «نهاية الأرب» (١١/ ٢١٩)، و «المعجم الوسيط» (٣٨١، ٢١٥، ٢٤٥)، و «معجم الألفاظ الزراعية» للأمير الشهابي (٤٤٩، ٤١٦، ٢٩، ٢٤، ١١٤). والأول: هو زهر اللوتس، ويقال له: سوسنة الماء، والأخير: هو دوَّار الشمس، ويسميه بعضهم: عبَّاد الشمس، والعبودية لا تكون إلا لله. وذكر البيروني في كتاب «الصيدنة» أن النيلوفر يسمى: «وردة المجوس» و «وردة الشمس» و «خُرپرست» (ومعناه بالفارسية: عباد الشمس). (٤) انظر: «مروج الذهب» (٢/ ٣٥٤)، وما سيأتي (ص: ١٢٨٢، ١٢٨٦).

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