Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

constituaient l’unique autorité digne de confiance, tandis que les procédés de ses devanciers ne valaient absolument rien.

Si, à notre époque, surgissait quelqu’un d’un acabit comparable à ceux d’autrefois, nous verrions se lever une nouvelle divergence. Mais cette discipline est morte ; il n’en subsiste, entre les mains de ceux qui s’en réclament, que l’imitation servile de ces égarés, dans ce qu’ils ont saisi de leurs propos fallacieux. Quant à ce qu’ils n’ont pas compris, ils s’imaginent que c’est exact, alors même que leur entendement s’en est complètement détourné !

Voilà, en réalité, la conduite de tous les gens de l’erreur face à leurs chefs et à ceux qu’ils prennent pour guides. Ainsi, lorsque le monothéiste débat avec les chrétiens ignorants au sujet de leur Trinité, de ses contradictions et de ses mensonges, ils déclarent : « La réponse appartient au prêtre. » Le prêtre, à son tour, réplique : « Elle relève du métropolite. » Le métropolite renvoie l’affaire au patriarche, le patriarche à l’évêque, l’évêque au pape (1), et le pape aux trois cent dix-huit membres du concile qui se réunit sous le règne de Constantin et légiféra pour les chrétiens cette Trinité et ce polythéisme contraires à la raison et aux religions. Or il se peut qu’auprès de Dieu ils soient en meilleur état que bien des tenants des jugements astrologiques, qui renient le Seigneur des mondes, Ses anges, Ses Livres, Ses messagers et le Jour dernier.

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J’ai également trouvé, chez l’un de leurs hommes de mérite, Abû l-Qâsim ʿÎsâ ibn ʿAlî ibn ʿIsâ (2), une épître éloquente refutant leurs thèses et faisant apparaître leurs contradictions ; il l’écrivit lorsque Dieu lui fit discerner la voie droite,

(1) L’auteur énumère ces rangs tels quels. Le Muʿjam al-wasit (p. 61, 436, 875) précise que l’usquf (évêque) est au-dessus du qissis (prêtre) et au-dessous du matran (métropolite), tandis que le batrak (patriarche) préside les évêques. (2) Savant éminent et grand transmetteur de hadith, sans rival de son temps en logique, il fit autorité dans la transmission et la traduction ; décédé en 391 H/1001 EC. Sources : al-Fihrist, p. 186 ; al-Imtaʿ wa-l-muʾanasa, 1/36 ; al-Muqabassât, p. 348 ; Tarikh Bagdad, 11/179 ; Siyar, 16/549.
المعوَّل، وأنَّ طُرق من تقدَّمه ليست بشيء. ولو حدَث في هذا العصر من يُشْبِه من تقدَّمه لرأينا اختلافًا آخر، ولكنَّ هذه الصِّناعة قد ماتت، ولم يبقَ بأيدي المنتسبين إليها إلا تقليدُ هؤلاء الضُّلَّال فيما فهموه من كلامهم الباطل، وما لم يفهموه منه فقد يظنُّون أنه صحيحٌ ولكنَّ أفهامهم نَبَتْ عنه! وهذا شأنُ جميع أهل الضلال مع رؤسائهم ومتبوعيهم. فجهَّالُ النصارى إذا ناظرهم الموحِّدُ في تثليثهم وتناقُضه وتكاذُبه، قالوا: الجوابُ على القسِّيس، والقسِّيسُ يقول: الجوابُ على المِطْران، والمِطْرانُ يحيلُ الجوابَ على البَتْرك، والبَتْركُ على الأُسْقُف، والأُسْقُف على الباب (١)، والبابُ على الثلاث مئة والثمانية عشر أصحاب المجمَع الذين اجتمعوا في عهد قُسطنطين ووضعوا للنصارى هذا التثليثَ والشِّركَ المناقِض للعقول والأديان، ولعلهم عند الله أحسنُ حالًا من أكثر القائلين بأحكام النجوم، الكافرين بربِّ العالمين وملائكته وكتبه ورسله واليوم الآخر. فصل ورأيتُ لبعض فضلائهم، وهو أبو القاسم عيسى بن علي بن عيسى (٢) رسالةً بليغةً في الردِّ عليهم، وإبداء تناقضهم، كتبها لمَّا بصَّره اللهُ رشدَه،
(١) كذا ذكر المصنف هذه المراتب. وفي «المعجم الوسيط» (٦١، ٤٣٦، ٨٧٥) أن الأسقف فوق القسيس ودون المطران، وأن البطرك رئيس الأساقفة. (٢) العالم الجليل المسند، كان أوحد زمانه في المنطق، حجةً في النقل والترجمة (ت: ٣٩١). انظر: «الفهرست» (١٨٦)، و «الإمتاع والمؤانسة» (١/ ٣٦)، و «المقابسات» (٣٤٨)، و «تاريخ بغداد» (١١/ ١٧٩)، و «السير» (١٦/ ٥٤٩).

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