Il formula, dans ses objections et ses réfutations, des arguments qui prouvent la corruption même de cette discipline.
Il acheva son livre en déclarant, à propos du caché et de l’intention (1) : « Que de fois les astrologues y sont confondus ! Et que de fois les censeurs (2) y atteignent juste, grâce aux paroles qu’ils recueillent au moment de l’interrogation et qu’ils lisent clairement dans les indices et les actes du consultant » (3).
Il ajouta : « Arriver jusqu’à ce point de la science de l’astrologie suffit ; quiconque va au-delà expose sa personne et sa discipline aux moqueries et aux quolibets qui l’assaillent aujourd’hui. Ceux qui la maîtrisaient jadis s’en sont détournés, à plus forte raison ceux qui ne font que s’en réclamer » (4). Fin de sa citation.
Survint ensuite une autre génération, parmi laquelle Abū s-Ṣalt Umayya ibn ʿAbd al-ʿAzīz ibn Umayya al-Andalusī, poète, astrologue, médecin et homme de lettres ; il vécut environ quatre-vingts ans après al-Bīrūnī (5). Il séjourna en Égypte près de deux ans (6), et, lorsqu’il se trouvait au Maghreb
(1) Le terme khabiʾ désigne ce qui reste caché puis fait l’objet d’une question ; al-ḍamīr renvoie à ce que l’on garde enfoui en soi. Al-Muʿjam al-wasiṭ. Voir aussi : Akhbār al-ḥukamāʾ, p. 446-447.
(2) Allusion au zajr des oiseaux : on les effraie, puis l’on tire bon augure de leur arrivée et mauvais augure de leur départ. Lisān, s.v. “zajr”. L’exemplaire (Ṭ) lit : « al-rāṣidīn » (« les observateurs »).
(3) Al-Tafhīm, p. 263. Voir également son Taḥqīq mā li-l-hind, p. 515, [et son Taḥdīd nihāyāt al-amākin li-taṣḥīḥ masāfāt al-masākin, p. 290].
(4) Al-Tafhīm, p. 279.
(5) Mort en 529 H ; d’autres avancent 546 H. Références : Akhbār al-ḥukamāʾ, p. 106 ; Wafayāt al-aʿyān, 1/243 ; Irshād al-arīb, p. 740 ; Nafḥ al-ṭīb, 1/105.
(6) Telle est la leçon des manuscrits. Ses biographes affirment pourtant qu’il y demeura plus longtemps – on parle de vingt ans –, dont trois en prison. À sa libération, il composa l’Épître égyptienne (al-Risāla al-miṣriyya), où il décrit ses épreuves et observations en Égypte, notamment : l’incurie des astrologues, leur esprit d’imitation, leur goût pour les apparences, ainsi que la passion et la crédulité des Égyptiens à l’égard de l’astrologie. Le texte a été publié dans Nawādir al-makhṭūṭāt, t. 1, p. 17-62.