Puis surgit encore une autre école. On y trouvait l’astrologue connu sous le nom d’al-Fikrī (1), l’astrologue attitré d’al-Hākim en Égypte, à qui était désormais échu le premier rang dans cette science. Il avait étudié auprès d’un maître formé par l’élève de l’ʿĀṣimī. Avec ses collaborateurs, il organisa une nouvelle campagne d’observations, appelée ar-Raṣd al-Hākimī ; sur plusieurs points, ils s’opposèrent aux tenants d’ar-Raṣd al-Mumtaḥan et, partant de ces divergences, établirent le Zīj hākimī.
Désireux d’imiter l’initiative du calife al-Maʾmūn, al-Hākim ordonna que se réunissent auprès de lui les astrologues de son époque (2), sous la présidence d’al-Fikrī. Ils composèrent alors le Zīj hākimī, contredisant les praticiens d’ar-Raṣd al-Maʾmūnī et entraînant leurs partisans (3) vers la nouvelle série d’observations hākimī.
Si, plus tard, une autre campagne d’observations devait être entreprise, ses promoteurs, pour se démarquer de leurs aînés, n’hésiteraient pas à suivre l’exemple de leurs prédécesseurs en les contredisant.
Or leur unique appui est la perception sensible et le calcul, deux sources qui ne tolèrent aucune erreur ; que faut-il alors penser de l’« science des jugements » qu’ils revendiquent, fondée, elle, sur de simples conjectures et les chimères de l’imagination ?
Vint ensuite une autre génération encore, parmi laquelle Abū Rayḥān al-Bīrūnī, auteur du Kitāb al-Tafhīm ilā Ṣināʿat al-Tanjīm, où il associe géométrie, arithmétique, astronomie théorique et astrologie judiciaire. Il vécut quelque quarante ans après Kūshyār (4) et prit le contrepied de ceux qui l’avaient précédé.