Cela contredit la parole du Très-Haut : « Descends-en ; il ne t’appartient pas de t’y montrer arrogant. » Si donc le fait qu’Iblis s’adressât à Adam de la manière dont il lui parla et lui prêta serment ne relève pas de l’orgueil, alors les Arabes – le peuple dans la langue duquel le Coran a été révélé – ne savent vraiment pas ce qu’est l’orgueil !
Il se peut qu’une personne dont la clairvoyance est faible et la recherche limitée (1) dise : « Iblis n’y est pas parvenu ; seule son insinuation y est parvenue. »
Une telle parole ressemble à celui qui la prononce et s’accorde avec la croyance qu’il professe. Or la parole d’Allah tranche entre nous et lui, et l’expression coranique – « et Il leur jura » (wa qâsamahumâ) – réfute son propos ; car prêter serment n’est pas une simple waswasa (insinuation), mais bien une adresse directe, un échange face à face, qui ne peut avoir lieu qu’entre deux êtres présents (2), et non absents, ni l’un sans l’autre.
Parmi les preuves que son insinuation fut un discours explicite figure la parole d’Allah : « Alors le Diable lui murmura et dit : “Ô Adam, veux-tu que je te montre l’arbre de l’immortalité… ” » ; Allah précise qu’il « lui dit », ce qui montre que la suggestion fut un entretien direct et non pas une simple idée jetée dans son cœur (3) sans échange verbal. Dès lors, quiconque prétend, contre le sens apparent, une interprétation sans en fournir la preuve n’a pas à être entendu.
Ajoutons que la waswasa peut consister en une parole audible ou en un son, comme l’a dit Ruʾba (4) :
« Il murmurait, invoquant avec sincérité le Seigneur de l’aube. »