qu’il avait ourdie pour la bague et la plume ; al-Maʾmûn lui fit alors don de mille dinars et le congédia. Nous le rencontrâmes quelque temps plus tard : il était devenu le plus versé des hommes dans l’astrologie, l’un des principaux disciples d’ʿAbd Allâh al-Qushayrî (1), et c’est encore lui qui avait confectionné le talisman des scarabées dans les demeures de Bagdad (2).
Abû Maʿchar déclara : « Si j’avais été parmi eux, j’aurais mentionné d’autres points qui leur ont échappé. J’aurais dit que la prétention était nulle dès l’origine, parce que le signe était mutable, en l’occurrence le Capricorne ; que Jupiter se trouvait en affliction ; que la Lune était dans sa phase obscure ; et que les deux astres aspectant l’ascendant se trouvaient dans un signe trompeur, le Scorpion.
Considère donc comment, avec un ascendant identique, leurs situations et leurs jugements divergent, chacun pouvant justifier sa sentence par un argument du même ordre que celui de l’autre. Supposons qu’au même moment et sous ce même ascendant un homme véridique avance une prétention : son affirmation ne serait-elle pas possible, loin d’être impossible, et fondée en elle-même ? Ou bien prétendez-vous qu’il est absolument impossible que quiconque, à ce moment-là et sous cet ascendant, émette une prétention véritable ? Or tout esprit raisonnable sait qu’il peut alors se produire deux prétentions, l’une d’un homme véridique et l’autre d’un imposteur, sous ce même ascendant (3).
Quelle étroitesse d’esprit que de s’accrocher à de telles divagations et d’en faire le fondement de tous les événements du temps ! Les astrologues ne tiennent en réalité rien d’autre que ce qu’a reconnu leur plus éminent représentant, Abû Maʿchar.
Shâdhân rapporte encore, dans l’ouvrage cité : « J’ai demandé à Abû Maʿchar : “Le nœud sud (adh-dhanab) est froid et sec ; pourquoi dites-vous qu’il indique la féminité ?” — “C’est ainsi qu’ils l’ont dit !” répondit-il. — “Or ils ont également affirmé…” »