En effet, les tout premiers d’entre eux parmi les Anciens, et les plus illustres observateurs depuis l’époque de Ptolémée, Timocharis et Ménélas, avaient fixé pour les étoiles fixes une valeur déterminée qu’ils tenaient pour pleinement fiable. Pendant plus de sept cents ans, l’on se contenta de les imiter, sans autre base que leur autorité.
Sous le règne d’al-Maʾmûn, toutefois, plusieurs de leurs astronomes-observateurs et calculateurs – savants des deux écoles – tels que Khâlid ibn ʿAbd al-Malik al-Marwazî (1), Ḥabash (2), auteur du Zîj al-Maʾmûnî, Muḥammad ibn al-Jahm (3) et Yaḥyâ ibn Abî Manṣûr (4), convinrent de vérifier les relevés des anciens. Ils découvrirent que ceux-ci s’étaient trompés dans leurs observations ; ils procédèrent alors à leurs propres mesures, les mirent au net, les baptisèrent « l’observation éprouvée » et en firent, à compter de cette date, un second point de départ.
Les premiers étaient donc unanimes à tenir leurs observations pour correctes, tandis que les seconds étaient unanimes à les juger erronées. Ainsi les derniers témoignaient-ils contre les anciens de leur faute, tout en reconnaissant, pour leur part, s’être eux-mêmes fourvoyés en s’appuyant sur ces données.
Vint ensuite un autre groupe, dont le chef et la figure de proue était Abû Maʿshar Muḥammad ibn Jaʿfar (5), quelque soixante ans après les auteurs de « l’observation éprouvée » ; et il réfuta