dans une ville ou sa sortie, au choix de l’ascendant pour édifier une maison, entrer en ménage et autres affaires ; les exemples que l’on trouve, aussi bien chez les gens de condition que chez le commun, suffisent — il n’en faut que quelques-uns à l’homme sensé — pour confondre ces individus et déceler leurs mensonges à l’égard de Dieu, exalté soit-Il, de Ses jugements et de Ses décrets. En vérité, on ne connaît pour ainsi dire personne qui, s’étant conformé aux étoiles dans ce qu’il entreprend ou délaisse, n’ait été frappé (1) de la pire et de la plus hideuse des calamités ; il reçoit l’exact contraire de ce qu’il recherchait, et les influences néfastes le rejoignent précisément là où il pensait trouver la bonne fortune.
Telle est la loi immuable de Dieu à l’égard de Ses serviteurs, Son usage qui ne change pas : quiconque s’apaise auprès d’un autre que Lui, place sa confiance ailleurs ou s’appuie sur une créature pour diriger ses affaires, Dieu — par cette même cause ou par son biais — lui fait subir l’opposé de l’espérance qu’il y avait placée.
Considère l’attachement extrême des Barmakides à l’astrologie, jusque dans l’horaire de leurs repas, leurs montées à cheval et la plupart de leurs actes, puis vois la catastrophe effroyable (2) qui les anéantit.
Considère aussi le sort du vizir Abû ʿAlî ibn Muqla : la vénération qu’il portait à l’astrologie judiciaire, l’attention scrupuleuse qu’il lui accordait, et l’entrée qu’il fit dans la demeure qu’il avait bâtie sous un ascendant que de faux devins prétendaient de bon augure, assurant qu’aucun mal n’y surviendrait ; pourtant sa main fut tranchée et, dans cette même maison, il connut la plus ignominieuse disgrâce qu’ait jamais subie un vizir avant lui (3).
Quant aux morts imputables aux astrologues, ils sont trop nombreux pour que quiconque puisse les compter, hormis Dieu.
Dix-neuvième argument : ces gens-là ont confessé eux-mêmes — et se sont mutuellement donné tort — que les fondements et le principe même de cette science sont viciés.