Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et il laissa libre cours à l’adhân (l’appel à la prière), tandis que les cloches de saint Georges se taisaient pour lui, chose qu’ils n’auraient jamais soupçonnée. (1)

Parmi les points sur lesquels les astrologues font unanimité, il y a ceci : si quelqu’un veut que Dieu exauce son invocation, il doit placer la « Tête » – le nœud ascendant – au milieu du ciel, conjointe à Jupiter ou du moins sous son aspect bienveillant (2) ; que la Lune soit en conjonction avec cette Tête, ou bien, après s’en être éloignée, qu’elle se dirige vers le maître de l’ascendant ; ou encore que ce maître soit lui-même en conjonction avec Jupiter, adressant à la Tête un regard d’amitié (3). Dans tous ces cas, assurent-ils, l’exaucement est garanti sans l’ombre d’un doute (4).

Ils ajoutent : « Les rois de la Grèce observaient scrupuleusement cette règle et en louaient toujours les conséquences. »

Quiconque use de raison n’a nul besoin de longue réflexion pour voir l’absurdité et l’impossibilité de telles rêveries ; le Seigneur des cieux et de la terre, exalté soit-Il, n’est nullement affecté par le mouvement des astres ; Il est bien trop saint et bien trop élevé pour cela.

Ah, quelles cervelles – matière à rire pour les gens sensés, qu’ils soient croyants ou mécréants ! Que trouvent-ils donc dans ces configurations pour y voir une preuve irrésistible de l’obligation qu’aurait Dieu d’exaucer les prières ?

Autre point sur lequel les astrologues sont d’accord, ou presque : si une nouvelle survient à un moment

(1) Les manuscrits D, Q et S donnent : « lahu an-nawaqisu ajir Qays fa-htasibâ » ; le manuscrit T : « lahu an-nawaqisu akhras fa-htasibâ ». Le texte imprimé suit le témoin Ṭ, probablement sur décision de l’éditeur. Plusieurs vers du poème restent mal établis dans les sources principales et je ne les ai retrouvés dans aucune autre référence. (2) Le manuscrit T lit : « aw yanzur minhu » ; ce segment est absent du manuscrit Q. (3) Dans Al-Falakatu wa-l-maflukun (p. 28) : « la lune lui est conjointe ou s’en éloigne… conjointe à Jupiter, l’observant… ». (4) Ya‘qub b. Ishaq al-Kindi (m. 260 H) a composé un traité sur la détermination du moment le plus propice à l’exaucement de la prière et de la supplication selon l’astrologie. Voir : Istidrakat ‘alâ tarikh al-turath al-‘arabi, 8/111.
وأطلقَ القول بالتَّأذين إذ خَرِسَت ... له نواقيسُ جرجيسٍ فما احتسبا (١) ومما اتفق عليه المنجِّمون: أنَّ الإنسانَ إذا أراد أن يستجيب الله دعاءه جعَل الرَّأسَ في وسط السماء مع المشتري أو بنظرٍ منه (٢) مقبول، والقمرَ متصلًا به أو منصرفًا عنه يتصلُ بصاحب الطالع، أو صاحب الطالع متصلًا بالمشتري ناظرًا إلى الرَّأس نظر مودَّة (٣)؛ فهنالك لا يَشُكُّون أنَّ الإجابةَ حاصلة (٤). قالوا: وكانت ملوكُ اليونان يَلْزَمون ذلك، فيَحْمَدُون عُقباه. والعاقلُ إذا تأمَّل هذا الهذَيان لم يَحْتَجْ في علمه ببطلانه ومُحاله إلى فكرٍ ونظر، فإنَّ ربَّ السموات والأرض سبحانه لا يتأثرُ بحركات النجوم، بل يتقدَّسُ ويتعالى عن ذلك. فيا للعقول التي أضحكَت عليها العقلاء من المؤمنين والكفَّار! ما في هذه الاتصالات حتى تكون على وجوب إجابة الله من أقوى الدَّلالات؟! ومما عليه المنجِّمون متفقون أو كالمتفقين: أنَّ الخبرَ إذا ورَد في وقت
(١) (د، ق، ص): «له النواقيس اجر قيس فاحتسبا». (ت): «له النواقيس اخرس فاحتسبا». والمثبت من (ط) ولعله من تصرف الناشر. وفي القصيدة مواضع لم تتحرر كما ينبغي في الأصول، ولم أجدها في مصدرٍ آخر. (٢) (ت): «أو ينظر منه». وهي مهملة في (ق). (٣) في «الفلاكة والمفلوكون» (٢٨): «والقمر متصل به أو منصرف عنه ... متصل بالمشتري ناظر ... ». (٤) ليعقوب بن إسحاق الكندي (ت: ٢٦٠) رسالةٌ في تحرِّي وقت يجري فيه إجابة الدعاء والتضرع إلى الله تعالى من جهة التنجيم. انظر: «استدراكات على تاريخ التراث العربي» (٨/ ١١١).

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