Il est d’ailleurs établi, par le témoignage même de la lune des sphères (1),
qu’il n’est, parmi eux, aucun autre qu’un vaincu (2), déjà enlisé.
Leur prétendue largesse s’est retournée contre les deux faces de leur Mercure ;
le Souverain leur a repris, quand Il l’a voulu, tout ce qu’Il leur avait concédé.
La Vénus de l’islam s’est levée, éclatante ;
des nuées se sont assombries au-dessus d’eux, impuissantes à l’occulter.
La rougeur de Mars a scellé leur arrêt (3) ;
on l’a lue comme le sang qui, chez eux, tachera celui qui le fera couler.
Le bonheur promis par Jupiter ne s’accomplira (4)
que pour l’« acheteur » de son âme, conformément à leurs propres vœux.
Ils affirmaient (5) que le retournement des constellations serait funeste (6) ;
et voici que, revenu contre eux, l’avantage espéré s’est mué en dommage (7).
Que de conjonctions tumultueuses, sous le Taureau ou sous le Bélier,
ont traversé leurs Gémeaux pour leur porter la guerre !
Aucune orbite ne tourne sans qu’un roi ne la conduise,
lançant contre eux une armée innombrable et farouche.
Jusqu’à ce que le port de Damiette se lève ;
eux, qui avaient décrété qu’on n’y verrait plus de visage souriant à pleines dents.
Le voilà qui, joyeux, laisse éclater l’aurore de la foi,
lui qui, dans la nuit de la mécréance, gémissait de tristesse.
Le tawḥîd lui a tendu la main ; aussitôt
le pied du polythéisme s’est replié, fuyant en retard.
Ainsi s’acheva cette guerre de la Croix : son dénouement a décrété
que jamais plus, désormais, une croix ne se dressera.