À Dieu revient, dans la création, un dessein dont la portée dépasse (1) ;
les secrets de Sa sagesse et les décrets de quiconque s’avise d’en faire le compte.
Recherche le salut dès qu’un astrologue, dans un propos mensonger,
prétend statuer sur tout ce qui s’annonce de près ou de loin.
Quant au faiseur d’arâjîz — laisse-le dire ce qu’il veut ;
car je ne vois pas qu’on ait jamais franchi (2) ce qui avait été inscrit.
Ce que contient, pour Allah, le registre de Sa toute-puissance
n’a jamais été couché par un scribe se fiant à de simples conjectures (3).
Nul ne connaît l’invisible, sinon Allah, notre Créateur ;
il n’est de savant hors Lui, ni chez les non-Arabes ni chez les Arabes.
Rien n’est plus ignorant que celui qui met sa confiance
dans ses propres suppositions, alors qu’on ne discerne (4)
dans ce qu’il prétend voir que doute et incertitude.
L’homme ignore parfois ce qui se passe dans sa propre maison sous son regard ;
comment prétendrait-il dévoiler ce que recèle l’invisible dont il est tenu à l’écart ?
Dieu a démenti la parole de ceux qui disaient :
« Demain, lorsque viendra Rajab, vous n’en saurez point louer le mois. »
Ils annonçaient qu’on y verrait quelque prodige ; je leur ai répondu :
« Au triomphe survenant après le désespoir (5), vous reconnaîtrez le vrai prodige. »
À l’issue (6) de ses sept premiers jours, il se produisit
un événement (7) dont la portée éclipse les sept astres flamboyants.
Alors la clameur (8) des étoiles s’obscurcit,
étouffée par le hurlement d’un loup — l’un des infidèles désormais en déroute.
Quant aux deux Sirius (9), chacune d’elles pressentit
que, pour la Vérité, se dressait contre eux le glaive du Victorieux.