C’est alors que l’armée, ses étendards claquant au vent, fit irruption ; Dieu réduisit à néant leurs conjectures, répandit une grâce subtile qu’aucun calcul n’avait prévue et refoula les Francs, après leur avoir infligé un massacre sanglant et fait quantité de prisonniers, dans une retraite précipitée (1).
Les astrologues, au sujet de cet événement, étaient pourtant unanimes, tout comme leurs devanciers l’avaient été à propos de ʿAmmûriyya ; or le début de cette victoire eut lieu le 7 Rajab 618 H, et le début de l’autre victoire tomba, lui aussi, un 7 Rajab, en 223 H.
L’éminent savant Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn Maḥmûd al-Ḥusaynî (2) déclara : « Lorsque Dieu confondit ces gens dans leurs prétentions, je me suis placé dans le sillage d’Abû Tammâm et de sa qasida rimant en –bi, puis j’ai composé, sur le même modèle, une pièce dont la rime est en –ba. La voici :
Louange à Dieu, une louange qui atteint les cimes ;
par elle, nous acquittons envers Lui les droits qui nous incombent.
Louange qui s’amplifie au rythme des bienfaits qu’elle célèbre :
sa fin, comme son début, accorde le double de ce qu’elle donna.
Que nul ne désespère du secours du Très-Haut ; que de fois
celui qui s’engageait dans une voie jugée ardue la trouva ensuite aisée !
Combien d’épreuves, que tu redoutais, t’ont conduit, sans que tu t’en rendes compte,
d’un pas rapide, vers l’objet même de ton désir !
Et bien des moyens se sont rompus avant d’atteindre ce que l’on convoitait,
et pourtant, par toi, ils devinrent la cause d’un accomplissement plus sublime (3).
Lorsque survient un malheur, il ne convient pas
que tu recherches autre chose que l’agrément divin.