Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est alors que l’armée, ses étendards claquant au vent, fit irruption ; Dieu réduisit à néant leurs conjectures, répandit une grâce subtile qu’aucun calcul n’avait prévue et refoula les Francs, après leur avoir infligé un massacre sanglant et fait quantité de prisonniers, dans une retraite précipitée (1).

Les astrologues, au sujet de cet événement, étaient pourtant unanimes, tout comme leurs devanciers l’avaient été à propos de ʿAmmûriyya ; or le début de cette victoire eut lieu le 7 Rajab 618 H, et le début de l’autre victoire tomba, lui aussi, un 7 Rajab, en 223 H.

L’éminent savant Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn Maḥmûd al-Ḥusaynî (2) déclara : « Lorsque Dieu confondit ces gens dans leurs prétentions, je me suis placé dans le sillage d’Abû Tammâm et de sa qasida rimant en –bi, puis j’ai composé, sur le même modèle, une pièce dont la rime est en –ba. La voici :

Louange à Dieu, une louange qui atteint les cimes ;
par elle, nous acquittons envers Lui les droits qui nous incombent.

Louange qui s’amplifie au rythme des bienfaits qu’elle célèbre :
sa fin, comme son début, accorde le double de ce qu’elle donna.

Que nul ne désespère du secours du Très-Haut ; que de fois
celui qui s’engageait dans une voie jugée ardue la trouva ensuite aisée !

Combien d’épreuves, que tu redoutais, t’ont conduit, sans que tu t’en rendes compte,
d’un pas rapide, vers l’objet même de ton désir !

Et bien des moyens se sont rompus avant d’atteindre ce que l’on convoitait,
et pourtant, par toi, ils devinrent la cause d’un accomplissement plus sublime (3).

Lorsque survient un malheur, il ne convient pas
que tu recherches autre chose que l’agrément divin.

(1) Le manuscrit Ṣ indique : «al-aqāb». (2) Juriste malikite mort à Alexandrie en 631/1234. Al-Mundhirî écrit : «Il avait une belle poésie et savait manier le jeu des rimes et autres procédés.» ; cf. Al-Mundhirî, Takmila li-Wafayât an-Naqala, t. 3, p. 367. (3) Le manuscrit T lit : «wa kam yaqaʿu duna mâ tashtahî sabab» («et que de fois une cause n’aboutit-elle pas à ce que l’on désire»).
وظهَر براياته الخافقة ذلك الأوان؛ فكذَّبَ اللهُ ظنونَهم وأتى من لُطفِه الخفيِّ ما لم يكن في حساب، ورَدَّ الفرنجَ بعد القتل الذَّريع فيهم والأسْرِ على العِقاب (١). وكان المنجِّمون قد أجمعوا في أمر هذه الواقعة على نحو ما أجْمَعَ عليه مَنْ قبلَهم في شأن عمُّورية، واتفقَ أن كان مبدأ هذا الفتح في سابع رجب سنة ثمان عشرة وست مئة، ومبدأ ذلك الفتح في سابع رجب أيضًا سنة ثلاث وعشرين ومئتين. قال الفاضلُ العلَّامة محمدُ بن عبد الله بن محمود الحسيني (٢): ولما كذَّب اللهُ هؤلاء القوم فيما ادَّعوه نسجتُ على منوال أبي تمَّام في قصيدته البائيَّة المكسورة، فعملتُ بائيَّةً مفتوحة، وهي: الحمدُ للهِ حمدًا يبلغُ الأربا ... نقضي به مِن حقوقِ اللهِ ما وَجَبا حمدًا يزيدُ إذ النُّعمى تزيدُ به ... أُخراه أُولاه تُعطي ضعفَ ما وَهَبا لا ييأسُ المرءُ مِنْ رَوْحِ الإله فكم ... مَنْ راحَ في مُسْتهَلٍّ كان قد صَعُبا فكم مشى بك مكروهٌ رَكَضْتَ به ... من غيرِ علمٍ إلى ما تشتهي خَبَبا وكم تقطَّعَ دونَ المشتهى سببٌ (٣) ... وكان منك لأعلى المنتهى سببا لا ينبغي لك في مكروهِ حادثةٍ ... أن تبتغي لك في غيرِ الرِّضا طلَبا
(١) (ص): «الأعقاب». (٢) الفقيه المالكي، توفي بالإسكندرية سنة ٦٣١. قال المنذري: «وكان له شعرٌ حسن، وتصرُّف في التجنيس وغيره». «التكملة لوفيات النقلة» (٣/ ٣٦٧). (٣) (ت): «وكم يقع دون ما قد تشتهي سبب».

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