Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

un déluge aérien.

Cette idée pénétra (1) l’esprit des foules ignorantes ; ils se retranchèrent donc dans des grottes pour se prémunir du fléau dont les menteurs les avaient menacés. Or Allah, Seigneur des mondes, Maître des vents et Ordonnateur des astres, voulut que, lorsque advint (2) l’instant qu’ils avaient fixé, l’échéance qu’ils avaient annoncée, le souffle des vents se fit moindre qu’à l’accoutumée. Les gens en furent troublés et, de cette accalmie inusitée, ils éprouvèrent une angoisse contraire à l’habitude ; ainsi leur imposture apparut au savant comme au simple peuple (3).

De plus, ils avaient ourdi, à propos de ce vent qu’ils mentionnaient, une fable qu’ils attribuèrent à ʿAlî (qu’Allah l’agrée). Ils en firent un récit assorti de cette prétendue tempête et, au terme d’une longue histoire, le narrateur rapportant les paroles de ʿAlî – qu’Allah l’agrée – lui aurait dit : « Les astrologues m’ont confirmé la véracité de ce que j’ai cité de toi. Ils affirment que les planètes se réuniront dans le signe de la Balance comme elles se sont réunies dans celui des Poissons au temps de Noé, provoquant alors le déluge. » Je lui demandai : « Ô Commandeur des croyants, combien de temps ce vent restera-t-il sur la surface de la terre ? » Il répondit : « Trois jours et leurs nuits, et sa plus grande vigueur se déploiera de minuit à midi du deuxième jour. »

(1) Dans le manuscrit T figure le mot « qulub » (cœurs) ; il a été corrigé en marge du manuscrit Q. (2) Le manuscrit Q lit « kana » (était). (3) Voir : Akhbar al-hukama, p. 564 ; Tarikh al-islam, t. 12, p. 669 et 671 ; al-Suluk, t. 1, p. 211 ; al-Nujum al-zahira, t. 6, p. 102 ; Shadarat al-dhahab, t. 6, p. 449. Ibn Taghribirdi remarque : « Ce mensonge circule encore parmi ces gens jusqu’à notre époque ; il ne se passe pas un mois sans qu’ils effraient le public par quelque chose qui n’a aucune réalité. Il est pourtant étrange que lorsqu’un simple particulier ment une fois à quelqu’un, la honte l’empêche d’y revenir, alors que ces gens-là n’ont ni honneur, ni religion, ni dignité. »
طوفانًا هوائيًّا. ودخَل ذلك في عقول (١) الرَّعاع من الناس، فاتَّخذوا المغارات استدفاعًا لما أنذرهم به الكذَّابون من الناس، فأذِنَ الله ربُّ العالمين مسخِّرُ الرِّياح ومُدبِّر الكواكب أنه لمَّا حان (٢) ذلك الوقتُ الذي حَدُّوه، والأجلُ الذي عَدُّوه؛ قلَّ هبوبُ الرِّياح عن عادتها، حتى أهَمَّ النَّاسَ ذلك، ورأوا من الكَرب بقلَّة هبوب الرِّياح ما هو خلافُ المعتاد، فظهَر كذبُهم للخاصِّ والعامِّ (٣). وكانوا قد دبَّروا في قصَّة هذه الرِّيح التي ذكروها بأنْ عَزَوْها إلى عليٍّ ﵁، وضمَّنوها جزءًا بمضمون هذه الرِّيح، وذكروا قصَّةً طويلةً في آخرها أنَّ الراوي عن علي ﵁ قال له: لقد صدَّقني المنجِّمون فيما حكيتُ عنك، وقالوا: إنه تجتمعُ الكواكبُ في برج الميزان كما اجتمعَت في برج الحُوت على عهد نوح وأحدثَت الغَرَق، فقلتُ له: يا أميرَ المؤمنين، كم تقيمُ هذه الرِّيح على وجه الأرض؟ قال: ثلاثة أيامٍ ولياليها، وتكونُ قوَّتها من نصف الليل إلى نصف النهار من اليوم الثاني.
(١) (ت): «قلوب». وصحِّحت في طرة (ق). (٢) (ق): «كان». (٣) انظر: «أخبار الحكماء» (٥٦٤)، و «تاريخ الإسلام» (١٢/ ٦٦٩، ٦٧١)، و «السلوك» (١/ ٢١١)، و «النجوم الزاهرة» (٦/ ١٠٢)، و «شذرات الذهب» (٦/ ٤٤٩). قال ابن تغري بردي: «وهذا الكذب متداولٌ بين القوم إلى زماننا هذا، حتَّى إنه لا يمضي شهر إلا وقد أوعدوا الناس بشيءٍ لا حقيقة له، والعجبُ أن الشخص من العامة إذا كذَب مرةً على رجلٍ يستحي ولا يعودُ إلى مثلها، وهؤلاء القوم لا عِرْض لهم ولا دين ولا مروءة».

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