un déluge aérien.
Cette idée pénétra (1) l’esprit des foules ignorantes ; ils se retranchèrent donc dans des grottes pour se prémunir du fléau dont les menteurs les avaient menacés. Or Allah, Seigneur des mondes, Maître des vents et Ordonnateur des astres, voulut que, lorsque advint (2) l’instant qu’ils avaient fixé, l’échéance qu’ils avaient annoncée, le souffle des vents se fit moindre qu’à l’accoutumée. Les gens en furent troublés et, de cette accalmie inusitée, ils éprouvèrent une angoisse contraire à l’habitude ; ainsi leur imposture apparut au savant comme au simple peuple (3).
De plus, ils avaient ourdi, à propos de ce vent qu’ils mentionnaient, une fable qu’ils attribuèrent à ʿAlî (qu’Allah l’agrée). Ils en firent un récit assorti de cette prétendue tempête et, au terme d’une longue histoire, le narrateur rapportant les paroles de ʿAlî – qu’Allah l’agrée – lui aurait dit : « Les astrologues m’ont confirmé la véracité de ce que j’ai cité de toi. Ils affirment que les planètes se réuniront dans le signe de la Balance comme elles se sont réunies dans celui des Poissons au temps de Noé, provoquant alors le déluge. » Je lui demandai : « Ô Commandeur des croyants, combien de temps ce vent restera-t-il sur la surface de la terre ? » Il répondit : « Trois jours et leurs nuits, et sa plus grande vigueur se déploiera de minuit à midi du deuxième jour. »