Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et que vive celui qui devait vivre, une fois la preuve établie. Allah est, certes, Celui qui entend et qui sait tout. » [Al-Anfâl : 42].

Ainsi apparut au grand jour leur mensonge et leur ignorance du règne (1) – lors de la rébellion d’Abû Rakwa à ses débuts, puis de nouveau à cette époque, à son déclin.

Après cela, un esprit sensé peut-il encore se fier aux astres et à leurs jugements ? Point du tout, par la vie d’Allah ! Ils ne méritent aucune confiance ; tout ce qu’en attendent leurs adeptes, c’est de dépendre d’un Pourvoyeur et d’un pourvu.

Quant au « coup au but » d’al-Fikrî, qui lui valut la victoire navale, il ne fut dû qu’à la ruse qu’il avait montée contre les habitants de Tyr, non à l’ascendant astral ; il triompha grâce au stratagème conçu pour l’heure du combat, et non grâce aux arrêts du zodiaque qu’il avait proclamés auparavant.

Pour ce qui est de la découverte du trésor, elle n’a rien à voir avec les étoiles ; connaître l’emplacement des trésors est un savoir qui circule parmi les gens : il existe à ce sujet des ouvrages rédigés, bien connus des praticiens de ce domaine, pleins de nombreuses erreurs et de quelques vérités que l’expérience (2) a confirmées.

Citons encore ceci : en l’an 582 H, ils furent unanimes à prédire qu’un vent noir soufflerait partout sur la terre, exterminant tous les êtres vivants, sauf ceux qui se seraient réfugiés dans des grottes de montagne. Motif invoqué : les planètes, selon eux, se réuniraient dans le signe de la Balance, signe d’air – point sur lequel ils sont tous d’accord – comme elles s’étaient réunies dans le signe des Poissons au temps de Noé ﵇, signe d’eau à leurs yeux, d’où serait né le déluge aquatique (3). Ils ajoutèrent : « De même, leur conjonction dans le signe de la Balance (4) entraîne… »

(1) Les manuscrits de base portent « dawlatihi » (son règne), tandis que l’exemplaire (ṭ) lit « bi-taghyîri dawlatihi » (lors du changement de son règne). (2) Cf. Ibn al-Qayyim, Zad al-maʿad, t. 4, p. 348 ; Ibn al-Nadim, Al-Fihrist, p. 380 ; Ibn Khaldun, Muqaddima, p. 913-919 ; Al-falaka wa-l-maflukun, p. 30. (3) Cf. Ibn al-Jawzi, Al-Muntazam, t. 9, p. 97. (4) Le mot est omis dans le manuscrit (d) ; les copies (t) et (ṣ) lisent « al-turabi ».
عَنْ بَيِّنَةٍ وَيَحْيَى مَنْ حَيَّ عَنْ بَيِّنَةٍ وَإِنَّ اللَّهَ لَسَمِيعٌ عَلِيمٌ﴾ [الأنفال: ٤٢]، فظهَر مِنْ كذبهم وجهلهم بدولته (١) في خروج أبي رَكْوَة وفي هذا الحِين، فهذا في مبدئها، وهذا في ختامها. فهل بعد ذلك وثوقٌ لعاقلٍ بالنجوم وأحكامها؟! كلَّا لعمرُ الله، ليس بها وثوق، وإنما غاية أهلها الاعتمادُ على رازقٍ ومرزوق! فأمَّا إصابةُ الفِكريِّ بظفَر الأسطول فإنما كان بتَحَيُّلٍ دبَّره على أهل صُور، لا بالطالع، فكانت الغلبةُ له عليهم بالتحيُّل الذي دبَّره ساعةَ القتال، لا بما ذكره من حكم الطَّالع قبلَ تلك الحال. وأمَّا إصابةُ الكنز فليس من النُّجوم في شيء، ومعرفةُ مواضع الكنوز علمٌ متداولٌ بين الناس، وفيه كتبٌ مصنَّفةٌ معروفةٌ بأيدي أرباب هذا الفنِّ، وفيها خطأٌ كثير، وصوابٌ قد دلَّ الواقعُ عليه (٢). ومِن ذلك: اتفاقُهم سنة اثنتين وثمانين وخمس مئة على خروج ريحٍ سوداء تكونُ في سائر أقطار الأرض عامَّة، فتُهلِكُ كلَّ من على ظهرها إلا من اتخَذ لنفسه مغارةً في الجبال، بسبب أنَّ الكواكبَ كانت بزعمهم اجتمعَت في برج الميزان، وهو برجٌ هوائيٌّ لا يختلفُ فيه منهم اثنان، كما اجتمعَت في برج الحُوت زمن نوحٍ ﵇، وهو عندهم برجٌ مائيٌّ، فحصَل الطُّوفانُ المائيُّ (٣). قالوا: وكذا اجتماعُها في البرج الميزانيِّ (٤) يوجبُ
(١) في الأصول: «دولته». وفي (ط): «بتغيير دولته». (٢) انظر: «زاد المعاد» (٤/ ٣٤٨)، و «الفهرست» (٣٨٠)، و «مقدمة ابن خلدون» (٩١٣ - ٩١٩)، و «الفلاكة والمفلوكون» (٣٠). (٣) انظر: «المنتظم» (٩/ ٩٧). (٤) غير محررة في (د). وفي (ت، ص): «الترابي».

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