Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les relevés des moments et des heures d’al-Hâkim, que les autres astrologues avalisèrent. Mais, lorsqu’al-Hâkim le fit exécuter, l’emprise de l’astrologie ne disparut pas de son esprit ; l’âme aspire, en effet, à connaître les événements avant qu’ils ne se produisent.

Par la suite, il continua de se passionner (1) pour cette science et rassembla ses praticiens. Ceux-ci statuirent, parmi divers arrêts, qu’il devait, en toute circonstance, monter un âne ; ils l’obligèrent (2) à se rendre le plus souvent possible au mont Muqaṭṭam, à s’y isoler pour s’adresser, seul, à Zuḥal (Saturne) selon les formules qu’ils lui avaient apprises, et à observer les fumigations et incantations (3) qu’ils avaient élaborées pour lui. Ils jugèrent que, tant qu’il s’y conformerait et chevaucherait l’âne, il serait à l’abri de toute menace (4).

Il suivit scrupuleusement leurs conseils. Or Dieu, le Tout-Puissant, l’Omniscient, Maître des astres qui les soumet et les gouverne, avait décrété que sa perte surviendrait précisément sur ce même mont, juché sur un âne (5). En effet, un jour, selon son habitude, il s’y rendit à dos d’âne et, s’étant éloigné seul de son cortège, il tomba dans une embuscade tendue par des hommes armés de couteaux d’où ruisselait la mort ; ils le taillèrent aussitôt en pièces, puis firent disparaître sa dépouille, dont on ne retrouva jamais trace. C’est pourquoi ses partisans mécréants prétendent encore qu’il est absent et que l’on attend son retour.

Ainsi la puissance du Seigneur Dominateur — béni soit Son Nom, exaltée soit Sa grandeur — mit en évidence le mensonge de cette faction calomniatrice et la réalisation de l’événement à l’exact opposé de ce qu’elle avait décrété : « afin que périsse celui qui devait périr… »

(1) Les manuscrits T et Ṣ lisent «yubaligh» («il exagère»). (2) Le manuscrit T offre la variante «wa-amarūhu» («et ils lui ordonnèrent»). (3) Pluriel de ‘azīma, incantations récitées contre les djinns ; forme populaire, la forme correcte est ‘azāʾim. Les manuscrits Q, D et Ṣ portent «wa-l-iʿtizām». (4) Passage omis dans D ; Q propose «abdār», Ṭ «iʾdhāʾ» («maltraitance»). La leçon adoptée en tête de texte semble la plus fiable. (5) Le manuscrit Q ajoute «ʿalā dhālika-l-ḥimār» («sur ce même âne»).
أوقاتَ الحاكم وساعاته، ووافقه على ذلك المنجِّمون، فلما قتَله لم يَزُل أثرُ التَّنجيم عن نفسه؛ لتشوُّف النفس على التطلُّع إلى الحوادث قبل وقوعها. وكان بعدُ يتولَّعُ (١) بهذا العلم، ويجمعُ أصحابَه، فحكموا له في جملة أحكامهم بركوب الحمار على كلِّ حال، وألزموه (٢) أن يتعاهدَ الجبلَ المقطَّمَ في أكثر الأيام، وينفردَ وحده بخطاب زُحَل بما علَّموه إياه من الكلام، ويتعاهَد فعلَ ما وضعوه له من البُخورات والأعزام (٣)، وحكموا بأنه ما دام على ذلك وهو يركبُ الحمار، فهو سالمُ النفس من كلِّ إنذار (٤). فلَزِمَ ما أشاروا به عليه، وأذِنَ الله العزيزُ العليم، ربُّ الكواكب ومسخِّرها ومدبِّرها، أنَّ هلاكَه كان في ذلك الجبل على الحمار (٥)، فإنه خرجَ يومًا بحماره إلى ذلك الجبل على عادته، وانفردَ بنفسه منقطعًا عن موكبه، وقد استعدَّ له قومٌ بسكاكين تقطُر منها المنايا، فقطَّعوه هنالك للوقت والحِين، ثمَّ أعدموا جثَّته، فلم يُعْلَم لها خبر؛ فمِنْ هنا يقولُ أتباعُه الملاحدة: إنه غائبٌ مُنتَظر. وأظهرت قدرةُ الربِّ القاهر ــ تبارك اسمُه وتعالى جدُّه ــ تكذيبَ قول تلك الطائفة المُفْتَرين، ووقوعَ الأمر بضدِّ ما حكموا به، ﴿لِيَهْلِكَ مَنْ هَلَكَ
(١) (ت، ص): «يبالغ». (٢) (ت): «وأمروه». (٣) جمع عزيمة، الرُّقى التي يعزم بها على الجن، وهي عامية، والصواب: عزائم. وفي (ق، د، ص): «والاعتزام». (٤) مهملة في (د). (ق): «ابدار». وفي (ط): «إيذاء». والوجه ما أثبت. (٥) (ق): «على ذلك الحمار».

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