les relevés des moments et des heures d’al-Hâkim, que les autres astrologues avalisèrent. Mais, lorsqu’al-Hâkim le fit exécuter, l’emprise de l’astrologie ne disparut pas de son esprit ; l’âme aspire, en effet, à connaître les événements avant qu’ils ne se produisent.
Par la suite, il continua de se passionner (1) pour cette science et rassembla ses praticiens. Ceux-ci statuirent, parmi divers arrêts, qu’il devait, en toute circonstance, monter un âne ; ils l’obligèrent (2) à se rendre le plus souvent possible au mont Muqaṭṭam, à s’y isoler pour s’adresser, seul, à Zuḥal (Saturne) selon les formules qu’ils lui avaient apprises, et à observer les fumigations et incantations (3) qu’ils avaient élaborées pour lui. Ils jugèrent que, tant qu’il s’y conformerait et chevaucherait l’âne, il serait à l’abri de toute menace (4).
Il suivit scrupuleusement leurs conseils. Or Dieu, le Tout-Puissant, l’Omniscient, Maître des astres qui les soumet et les gouverne, avait décrété que sa perte surviendrait précisément sur ce même mont, juché sur un âne (5). En effet, un jour, selon son habitude, il s’y rendit à dos d’âne et, s’étant éloigné seul de son cortège, il tomba dans une embuscade tendue par des hommes armés de couteaux d’où ruisselait la mort ; ils le taillèrent aussitôt en pièces, puis firent disparaître sa dépouille, dont on ne retrouva jamais trace. C’est pourquoi ses partisans mécréants prétendent encore qu’il est absent et que l’on attend son retour.
Ainsi la puissance du Seigneur Dominateur — béni soit Son Nom, exaltée soit Sa grandeur — mit en évidence le mensonge de cette faction calomniatrice et la réalisation de l’événement à l’exact opposé de ce qu’elle avait décrété : « afin que périsse celui qui devait périr… »