de mettre fin aux injures qui les visaient et de châtier quiconque s’y livrerait ; il ordonna d’arracher de la terre l’arbre appelé zarajûn (1) et déclara la peine de mort contre celui qui boirait du vin. Peu après, il prescrivit de replanter ce même arbre et rendit licite la consommation de vin. Il négligea alors l’administration, au point que le quartier occidental du Caire fut pillé et que plusieurs personnes y furent tuées ; puis il rétablit l’ordre et décréta que les boutiques ne devaient plus fermer, ni de jour ni de nuit. Il chargea son héraut de proclamer : « Quiconque se voit privé d’un bien valant un dirham recevra, du Trésor, deux dirhams, pourvu qu’il jure sur ce qui lui manque ou produise le témoignage de deux hommes (2). » Les marchands durent donc couvrir l’entrée de leurs échoppes de nattes de palme afin que les chiens n’y pénètrent pas.
Puis il se mit à destituer tous les gouverneurs de son royaume et fit exécuter son vizir al-Hasan b. ʿAmmâr (3) ; tout cela afin que la prédiction des astrologues, qui annonçaient le bouleversement de son règne, parût se réaliser sous cette forme de changements.
Lorsque survint l’affaire d’Abû Rakwa, mentionnée plus haut, il prit l’astrologie en mauvaise part : il ordonna la mise à mort de son astrologue al-Fikrî et autorisa la critique et le blâme à l’encontre des astrologues.
Il avait pourtant rassemblé les astrologues d’Égypte, en avait fait venir d’autres et leur avait demandé de lui établir une observation fiable. Les divers collèges astrologiques se référèrent donc à cette observation, même lorsqu’elle s’écartait de l’observation maʾmûnienne, et ils rédigèrent pour lui les tables astronomiques appelées al-Hâkimî (4).
Quant à ce Fikrî, il tenait la science des astres d’un disciple d’al-ʿĀṣimî ; aussi envoya-t-il