Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

un chameau célèbre ; puis al-Hâkim ordonna qu’on le mît à mort, après qu’il eut été présenté devant lui, entravé par un robuste carcan de fer. L’exécution eut lieu en rajab 397 H, alors que son soulèvement avait commencé en rajab 395 H.

La vanité des astrologues apparut ainsi au grand jour.

Pourtant, ce al-Fikri avait pris l’ascendant sur al-Hâkim ; deux affaires (1) l’avaient porté dans ses bonnes grâces :

La première : al-Hâkim se proposait d’envoyer une flotte contre la ville de Sour (Tyr). Al-Fikri lui demanda d’en régler lui-même le départ afin de la lancer sous un ascendant qu’il choisirait, s’engageant à répondre de l’échec éventuel (2). Il se trouva que la flotte remporta la victoire.

La seconde : il affirmait qu’au bord de Birkat Rumays (3) se dressait une antique mosquée sous laquelle reposait un trésor considérable. Il sollicita la permission de la démolir ; si le trésor apparaissait, tant mieux, sinon il la rebâtirait à ses frais et accepterait l’emprisonnement. Le trésor fut effectivement découvert, et cet apparent succès tourna la tête du souverain.

Lorsque al-Fikri annonça le bouleversement prochain de son règne, et que les autres astrologues confirmèrent cette prédiction, al-Hâkim décida de chambouler l’ordre du royaume pour donner corps à l’oracle astral. Il en vint donc à prescrire, un jour, le contraire exact de ce qu’il avait ordonné la veille ; il fit proclamer l’injure des Compagnons — qu’Allah les agrée — du haut des chaires et dans les mosquées, puis il ordonna

(1) Le manuscrit T lit : « deux récits ». (2) Le manuscrit S propose : « il apparaît sur lui ». (3) Éd. du Caire : « au Caire » ; le manuscrit T : « Ramsis » ; al-Falaka wa-l-maflukun (27) : « Maurice ». La leçon retenue est celle du manuscrit Q, jugée correcte. Voir Taj al-Arus, art. « barq ».
جَمَلٍ مشهورًا، ثمَّ أمر الحاكمُ بقتله بعد ما أُحضِرَ بين يديه مغلولًا بِغُلٍّ من حديد، وذلك في رجب سنة سبع وتسعين وثلاث مئة، وكان مبدأ خروجه في رجب سنة خمس وتسعين. فظهرَ كذبُ المنجِّمين. وكان هذا الفكريُّ قد استولى على الحاكم، فإنه اتفقت له معه قضيَّتان (١) أمالتاه إليه: إحداهما: أنَّ الحاكمَ عزم على إرسال أسطولٍ إلى مدينة صُور لمحاربتهم، فسأله الفكريُّ أن يكون تدبيرُه إليه ليُخْرِجَه في طالعٍ يختارُه، وتكون العهدةُ إن لم يظفر عليه (٢)، واتَّفقَ ظهورُ الأسطول. الثانية: أنه ذَكَرَ أنَّ بساحل بِرْكة رُمَيْس (٣) مسجدًا قديمًا، وأن تحته كنزًا عظيمًا، وسأله أن يتولى هو هدمَه، فإن ظهرَ الكنزُ وإلا بنَاه هو مِن ماله وأودعَه السِّجن، فاتَّفقَ إصابةُ الكنز؛ فطاشَ المغرورُ بذلك. فلمَّا حكمَ عليه الفكريُّ بتغيير دولته، وقضى المنجِّمون بمثل قضائه، فوقَع للحاكم أن يغيِّر أوضاعَ المملكة والدَّولة، ليكونَ ذلك هو مقتضى الحكم النُّجوميِّ، فصار يأمرُ في يومه بخلاف كلِّ ما أمَر به في أمسِه؛ فأمَر بسبِّ الصَّحابة رضوانُ الله عليهم على رؤوس المنابر والمساجد، ثمَّ أمَر
(١) (ت): «قصتان». (٢) (ص): «يظهر عليه». (٣) بمصر. وفي (ت): «رمسيس». «الفلاكة والمفلوكون» (٢٧): «موريس». والمثبت من (ق) وهو الصواب. انظر: «تاج العروس» (برك).

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