Adam a par ailleurs bu de la boisson que le Très-Haut, dans Son Livre, qualifie de « breuvage parfaitement pur » (76 : 21), c’est-à-dire entièrement affranchi de tous les défauts blâmables ; or Adam, lui, ne fut pas purifié de ces défauts.
Il a encore nommé ce lieu « un Séjour de vérité » (54 : 55), alors que le Diable y a menti à Adam ; or, dans un séjour voué à la vérité, il n’y a pas de mensonge.
Quant au registre sublime d’ʿIlliyyûn, il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais, ni transformation ni altération — cela fait l’objet d’un consensus chez les adorateurs —, et le Paradis promis se situe au plus haut de l’ʿIlliyyûn.
Par ailleurs, Allah — exalté soit-Il — a dit : « Je vais établir sur terre un lieutenant » (2 : 30) et non pas : « Je vais établir (1) dans le Jardin du Refuge ». Les anges dirent alors : « Vas-Tu y placer quelqu’un qui y sèmera la corruption et fera couler le sang ? » (2 : 30). Or les anges craignent trop Allah pour parler sans science ; eux qui ont déclaré : « Nous ne possédons de savoir que ce que Tu nous as enseigné. » Cela prouve qu’Allah les avait déjà informés que les fils d’Adam corrompraient la terre ; autrement, comment auraient-ils pu avancer ce qu’ils ignoraient ? Allah — et Sa parole est la vérité — dit encore : « Ils ne Le devancent pas dans la parole et ils agissent sur Son ordre » (21 : 27), et les anges ne parlent ni n’agissent que conformément à ce qui leur est ordonné, comme l’atteste aussi : « …et ils accomplissent ce qui leur est commandé » (16 : 50).
Allah nous rapporte en outre que le Diable dit à Adam : « Veux-tu que je te montre l’arbre de l’éternité et une royauté impérissable ? » (20 : 120). Or, si Allah avait déjà installé Adam dans le Jardin de l’éternité et lui avait conféré une royauté qui ne se flétrit pas, pourquoi celui-ci n’a-t-il pas repoussé ce conseil en traitant ces paroles de mensonge ? Pourquoi ne lui a-t-il pas répliqué : « Comment prétends-tu me guider vers quelque chose dont je bénéficie déjà, qui m’a été accordé et que je possède (2) ? »