Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qu’ils tiraient de lui une arrogance sans borne ; al-Muktafî dépêcha donc un émissaire chargé d’en prendre possession et fit venir à sa cour les commandants égyptiens.

À son retour, al-Qâsim ibn ʿUbayd Allâh, le vizir, ordonna que l’on fît comparaître devant lui le chef des astrologues ; il le gifla à de nombreuses reprises, après l’avoir fait tenir debout et l’avoir vertement réprimandé pour ses mensonges et ses affabulations, puis il déclara se désavouer de lui et de tous ceux qui partageaient ses opinions.

Abû Ḥayyân al-Tawḥîdî rapporte, dans son ouvrage L’Agrément et les Entretiens : « Si de telles impostures et calomnies venaient à être révélées et divulguées, si leurs auteurs étaient conspués, confrontés à leurs erreurs et empêchés de formuler des prétentions frôlant l’invisible, cela deviendrait un véritable fouet pour quiconque laisse libre cours à sa langue en prétendant savoir ce qui se passera demain ; leurs langues en seraient coupées, leurs prétentions réprimées (1), et les petits comme les grands recevraient une leçon salutaire » (2).

Autre illustration : leur unanimité, en 353 H, lorsque le général Jawhar al-ʿAzîz projeta de fonder la ville du Caire ; il avait alors précédé son maître, surnommé al-Muʿizz, pour

(1) Les manuscrits T et Ṣ lisent : « li-dawāʿīhim » (pour leurs motifs). (2) Je n’ai pas retrouvé ce passage dans l’Imtāʿ wa-l-muʾānasa, publié d’après deux copies défectueuses, dont l’une lacunaire. Al-Dalaji l’a toutefois cité ici, dans al-Falāka wa-l-maflūkūn, p. 26. Les récits concernant al-Muktafī et son vizir al-Qāsim face aux Qarmates figurent dans les Tajārib al-umam de Miskawayh (maître d’Abū Ḥayyān), V, 29-50, ainsi que dans d’autres sources (voir : Le Recueil sur les Qarmates, éd. Suhayl Zakkār), sans jamais mentionner les astrologues. Abū Ḥayyān aurait-il forgé cet épisode pour les tourner en dérision ? Pour son jugement sur l’astrologie, cf. sa Risāla fī l-ʿulūm, p. 25 ; Imtāʿ wa-l-muʾānasa, I, 39 ; Baṣāʾir wa-l-dhakhāʾir, VI, 101. Un long extrait de son Kitāb al-Muqābasāt sera cité plus loin (p. 1314).
يستطيلون، فأرسل المكتفي من تسلَّمها، واستحضر القُوَّادَ المصريَّة إلى حضرته. ثمَّ لمَّا عادَ أمَر القاسم بن عبيد الله الوزير بإحضار رئيس المنجِّمين إلى حضرته، وصَفَعَه الصَّفعَ الكثير، بعد أن وَقَفَه ووبَّخه على عظيم كذبه وافترائه، وتبرَّأ منه ومن كلِّ من يقولُ برأيه. قال أبو حيان التَّوحيدي في كتاب «الإمتاع والمؤانسة» وقد ذكر هذه القصَّة: «فهذا وما أشبهه من الافتراء والكذب لو ظَهَرَ ونُشِر، وعُيِّر أهلُه به، ووُقِفُوا عليه، وزُجِروا عن الدَّعوى المُشْرِفَة على الغيب؛ لكان مَقْمَعَةً لمن يُطْلِقُ لسانَه بالاطِّلاع على ما يكونُ في غدٍ، وقَطعًا لألسنتهم، وكفًّا لدعاويهم (١)، وتأديبًا لصغيرهم وكبيرهم» (٢). ومِن ذلك: اتفاقُهم سنة ثلاثٍ وخمسين وثلاث مئة عندما أراد القائدُ جَوْهَرُ العزيزُ بناءَ مدينة القاهرة، وقد كان سَبَق مولاه الملقَّب بالمُعِزِّ إلى
(١) (ت، ص): «لدواعيهم». (٢) لم أقف عليه في «الإمتاع والمؤانسة»، وقد طُبع عن نسختين سقيمتين إحداهما ناقصة. ونقله الدلجي في «الفلاكة والمفلوكون» (٢٦) من هنا. وأخبار المكتفي ووزيره القاسم مع القرامطة في «تجارب الأمم» لمسكويه (شيخ أبي حيان) (٥/ ٢٩ - ٥٠)، وغيره (انظر: الجامع في أخبار القرامطة لسهيل زكار)، وليس فيها خبر المنجِّمين، فهل صنَعه أبو حيان نكايةً فيهم؟. وانظر لرأي أبي حيان في التنجيم: رسالته في العلوم (٢٥)، و «الإمتاع والمؤانسة» (١/ ٣٩)، و «البصائر والذخائر» (٦/ ١٠١). وسيأتي نقلٌ طويلٌ من كتابه «المقابسات» (ص: ١٣١٤).

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