Cette qasida compte quelque soixante-dix vers (1) ; on gratifia le poète de mille dirhams pour chacun d’eux.
Un autre exemple est leur unanimité, en l’an 292 H, lors de l’affaire des Qarmates : ils assuraient que, si al-Muktafî bi-Llâh sortait pour les combattre, il serait l’assailli, vaincu et mis en déroute (2).
Or les musulmans avaient, des jours durant, subi de leur part un mal immense et une calamité des plus graves : ils massacraient femmes et enfants, violaient foyers et biens, démolissaient les mosquées où ils attachaient leurs chevaux et leurs montures ; ils s’en prenaient aux hôtes de Dieu et aux pèlerins de Sa Maison, faisant couler le sang à flots et commettant des actes monstrueux ; ils déclaraient licites les interdits divins et suspendaient Ses prescriptions.
Al-Muktafî résolut donc de les combattre et de marcher contre eux lui-même. Son vizir al-Qâsim ibn ʿUbayd Allâh (3) réunit alors tous les astrologues qu’il put trouver, parmi lesquels leur chef Abû al-Hasan al-ʿÂṣimî (4). Tous s’accordèrent pour lui enjoindre de dissuader le calife de sortir : s’il partait, affirmaient-ils, il ne reviendrait pas et, par son départ, sa domination disparaîtrait ; telle était, selon eux, la sentence des étoiles déduite de l’ascendant de sa naissance. Ils effrayèrent même le vizir en lui prédisant la mort s’il l’accompagnait.
Or al-Muktafî avait déjà ordonné au vizir de partir avec lui ; celui-ci ne put donc que lui obéir. Il s’en fut, le cœur plein d’appréhensions, et le calife s’installa à ar-Raqqa jusqu’à ce que tous les ennemis de Dieu fussent capturés et que leurs troupes eussent été abreuvées du calice sanglant de l’épée.
Puis la nouvelle parvint d’Égypte : Khumârawayh ibn Ahmad ibn Tûlûn venait de mourir ; et l’on était, à son sujet