Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et que la victoire reviendrait à son ennemi, mais Allah lui accorda de les contredire ; Il ouvrit, par ses mains, ce qui demeurait clos, et leur mensonge comme leurs conjectures, que la masse ne tenait jusque-là que pour d’hypothétiques rumeurs (1), devinrent des réalités tangibles. Il conquit ʿAmmûriyya ainsi que toutes les forteresses et citadelles qui l’entouraient ; ce fut là l’une des plus grandes victoires jamais comptées.

Lors de cette prise, Abû Tammâm at-Taʾî se leva et déclama, devant la foule rassemblée :

Le glaive est un témoin plus véridique que les écrits ;
son tranchant trace la frontière entre le sérieux et le jeu.

Les lames blanches, non les pages noircies :
dans leur acier se dissipe le doute et l’hésitation.

La science flamboie aux météores des lances,
entre deux armées rangées, non dans les sept étoiles (2).

Où sont donc les récits, où donc les astres,
et le décor mensonger qu’ils leur ont prêté ?

Conjectures et propos rafistolés,
ni source première ni affluent lointain (3).

Ils ont crié miracle, prétendant que les jours s’enfuiraient (4)
en « Safar des Safars » ou au mois de Rajab.

Ils effrayaient le peuple d’un désastre ténébreux
lorsque paraîtrait la comète occidentale, traînant sa queue.

Ils rangeaient les hautes constellations en ordres savants,
réglant le retournement des choses ou leur maintien.

Ils rendaient sentence en leur nom tandis qu’elles l’ignoraient,
occupées à tourner dans leur sphère et autour de leur pôle.

Si jamais elles avaient révélé quoi que ce soit avant l’heure,
nul n’aurait ignoré le sort réservé aux idoles et à la croix.

(1) Dans le manuscrit (Ṣ) : « chez les gens ». (2) al-khamisayn désigne « les deux armées » ; les « sept astres lumineux » sont Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus, Mercure et la Lune. (3) an-nab‘ est un arbre au bois dur, tandis que al-gharab pousse au bord des cours d’eau et manque de solidité. L’auteur sous-entend que ces ḥadiths ne sont ni solides ni faibles : ils ne valent tout simplement rien. (4) mujfila s’emploie pour une bête qui, affolée, s’enfuit précipitamment.
فرزقَه الله التوفيقَ في مخالفتهم، ففتَح اللهُ على يديه ما كان مُغْلَقًا، وأصبح كذبُهم وخَرْصُهم بعد أن كان موهومًا عند العامَّة (١) محقَّقًا، ففتَح عَمُّوريَّة وما والاها من كلِّ حصنٍ وقلعة، وكان ذلك من أعظم الفتوحات المعدودة. وفي ذلك الفتح قام أبو تمَّام الطَّائيُّ منشدًا له على رؤوس الأشهاد: السَّيْفُ أصدقُ أنباءً من الكتبِ ... في حَدِّهِ الحَدُّ بين الجِدِّ واللَّعبِ ... بِيضُ الصَّفائحِ لا سُودُ الصَّحائفِ في ... مُتونهنَّ جلاءُ الشكِّ والرِّيَبِ ... والعِلمُ في شُهُبِ الأرماح لامِعةً ... بينَ الخَمِيسَين لا في السَّبعةِ الشُّهُبِ (٢) ... أين الرِّواية أم أين النجومُ وما ... صاغُوه مِن زُخْرفٍ فيها ومِنْ كذب تخرُّصًا وأحاديثًا مُلفَّقَةً ... ليست بِنَبْعٍ إذا عُدَّتْ ولا غَرَبِ (٣) عجائبًا زعموا الأيامَ مُجْفِلةً (٤) ... عنهنَّ في صَفَرِ الأصفارِ أو رَجَبِ وخوَّفوا النَّاسَ مِنْ دهياءَ مُظْلِمةٍ ... إذا بدا الكوكبُ الغربيُّ ذو الذَّنَبِ وصيَّروا الأبرُجَ العُليا مرتِّبةً ... ما كانَ منقلِبًا أو غيرَ منقلِبِ يقضونَ بالأمر عنها وهي غافلةٌ ... ما دارَ في فَلَكٍ منها وفي قُطُبِ لو بَيَّنَتْ قطُّ أمرًا قبلَ مَوْقِعه ... لم يَخْفَ ما حلَّ بالأوثانِ والصُّلُب
(١) (ص): «عند الناس». (٢) الخميسين: الجيشين. والشهب السبعة: زحل والمشتري والمريخ والشمس والزهرة وعطارد والقمر. (٣) النَّبع: شجرٌ صلب. والغَرَب: شجرٌ ينبت على الأنهار ليست له قوة. يقول: هذه الأحاديث ليست بقويةٍ ولا ضعيفة، أي هي غيرُ شيء. (٤) مجفلة: أحسَّت بأمرٍ يَذْعَرها فهربت منه بعجلةٍ ورعب.

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