al-Amîn fut tué, dans la rue de Bâb al-Anbâr (1) ; le principe fallacieux qu’ils avaient érigé se troua, et le mensonge qu’ils avaient ourdi apparut au grand jour (2), si bien que le premier auteur (3) se rétracta et déclama :
« L’astrologue a menti dans son propos
qu’il a colporté, mensonge lancé contre Bagdad (4) ;
la mort d’al-Amîn en ces murs, par ma foi,
suffit à confondre tous leurs calculs. »
Par la suite, plusieurs califes moururent à Bagdad : al-Wâthiq, al-Mutawakkil, al-Muʿtaḍid, al-Muktafî, an-Nâsir, et d’autres encore.
Autre illustration : en 223 H, ils furent unanimes, lors de l’affaire d’ʿAmmûriyya, pour affirmer que, si al-Muʿtaṣim se mettait en marche pour la conquérir, le sort tournerait contre lui et que la victoire reviendrait à son ennemi,
(1) L’une des portes de Bagdad, par laquelle entraient les voyageurs venant de Syrie ; al-Amin y avait aménagé l’un de ses lieux de divertissement. Voir : al-Tabari, Histoire (8/509) ; Yaqut, Muʿjam al-buldan (1/459) ; Sâlih al-ʿAlî, Bagdad, Madînat al-Salâm, côté occidental (2/138).
(2) Certains expliquent le cas d’al-Amin de deux façons : 1) al-Amin ne fut pas tué à l’intérieur de Bagdad ; 2) al-Amin fut certes tué, mais il est ici question du décès, non de l’acte d’assassinat. Voir : Tarîkh Bagdad (1/69) ; Thimâr al-qulûb, 742 ; Nishwâr al-muḥâḍara (5/43).
(3) Ms. Q lit : « ḥattâ rajaʿa al-ḥaqqu qâʾila al-awwal ». Lecture probable : rajaʿa al-ḥaqqa.
(4) Le second hémistiche se trouve dans Rûḥ al-maʿânî (12/102) : kana iddaʿâhâ fî binâʾ Baghdân (« il la revendiqua lors de la fondation de Bagdad »). Dans al-Dalaji, al-Falaka wa-l-maflûkûn, 26 — qu’al-Âlûsî a largement exploité sans le signaler —, on lit : nataqat ʿalâ Baghdâd bi-l-hadhyân (« elle a tenu sur Bagdad des propos délirants »).