ne disposait pas de plus de sept mille combattants. Les troupes d’Ibn Ziyâd prirent alors la fuite, après qu’Allah eut fait périr parmi elles une multitude que Lui seul peut dénombrer – on parla même de soixante-treize mille morts (1). Du côté d’Ibn al-Ashthar, on ne compta pas cent victimes. À ce propos, le poète a chanté :
« Ils s’avancèrent contre eux, sept milliers à peine,
et, lors du choc, leur montrèrent des prodiges ;
Ils soupèrent de soixante-dix mille hommes,
voire davantage, avant même l’heure du ‘ichâ’ ;
Qu’Allah te récompense, fils de Mâlik,
et toi, Abou Isḥaq, de la meilleure récompense ! » (2)
Par « fils de Mâlik », il entend Ibrâhîm b. Mâlik al-Ashthar ; Abou Isḥaq est la kunya d’al-Mukhtâr.
Ibn al-Ashthar tua ʿUbayd Allah b. Ziyâd durant la bataille sans s’en apercevoir. Lorsque la nuit retomba, il dit à ses compagnons : « Sur cette rive du fleuve, j’ai frappé un homme ; en retirant mon épée, j’ai senti le parfum du musc. J’ai vu chez lui une audace peu commune, puis je l’ai abattu ; ses jambes sont allées vers l’Orient et ses bras vers l’Occident. Allez vérifier. » Ils vinrent avec des torches ; c’était ʿUbayd Allah b. Ziyâd. Al-Mubarrad rapporte l’anecdote dans « Al-Kâmil » (3).
Considère donc comment la sagesse d’Allah a déjoué les prophéties mensongères de ces astrologues !