Dix-huitième aspect : lorsque vos astrologues les plus aguerris et vos notables, en l’an 37 H – l’année de Siffîn –, examinèrent le départ de ʿAlî (qu’Allah ennoblisse son visage) de Koufa pour affronter les gens du Châm, ils tombèrent d’accord pour dire qu’il serait tué et que son armée serait anéantie. Leur mensonge éclata pourtant au grand jour : son armée triompha de celle de Syrie, laquelle ne parvint à se dégager que par le stratagème consistant à hisser des exemplaires du Coran au sommet des lances et à en appeler à ce qu’ils contiennent.
On a toutefois rapporté que cette prédiction unanime concernait plutôt la campagne que le Commandeur des croyants mena contre les Khârijites (1). Ils assuraient que, s’il sortait sous cet augure, il serait tué et son armée battue, car la lune se trouvait alors dans le Scorpion. ʿAlî (qu’Allah l’agrée) s’opposa à eux et déclara : « Nous partons en plaçant notre confiance en Allah, en nous reposant sur Lui et en démentant les propos de l’astrologue » (2). Jamais, depuis le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui –, il ne livra expédition plus réussie : il tailla l’ennemi en pièces, Allah le secourut par la victoire et le triomphe, et il revint soutenu, victorieux et récompensé. L’épisode est bien connu des livres de Sîra et des chroniques (3).
De même, vos dignitaires (4) convinrent, en l’an 66 H, quʾUbayd Allah b. Ziyâd viendrait à bout d’al-Mukhtâr b. Abî ʿUbayd et qu’il ne manquerait pas de le tuer ou de le capturer. Il marcha donc contre lui à la tête d’environ quatre-vingt mille combattants ; Ibrâhîm b. al-Ashthar, lieutenant d’al-Mukhtâr, l’affronta dans la région de Nasîbîn (5), alors qu’il