Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et que toutes les autres planètes se trouvent en conjonction avec lui selon une disposition et une configuration particulières, il faut savoir que cette position précise, au degré et à la minute près, ne revient qu’au terme de myriades et de myriades d’années. La durée de vie d’un seul homme n’y suffit pas, pas plus que celle de l’humanité entière, et les chronologies capables d’enregistrer un intervalle aussi long demeurent hors de portée de l’être humain. Il s’ensuit qu’il n’existe absolument aucun moyen d’accéder à ces états par l’expérience (1).

L’excuse qu’avance l’un des vôtres – prétendant que l’expérience n’a nul besoin des conditions que nous venons d’énoncer – ne vous sert à rien. Lorsque nous observons un phénomène déterminé à un moment précis, il est certain que, dans ce laps de temps, diverses conjonctions planétaires se sont produites. Supposons que cette configuration céleste intégrale revienne mille fois, identique en tous points : il demeurerait impossible de savoir si la cause de ce phénomène réside dans l’ensemble des conjonctions ou dans l’une d’entre elles seulement. Or, admettons que la configuration globale ne se reproduise jamais plus, tandis qu’une seule de ces conjonctions réapparaît ; chaque fois que cette conjonction précise se manifeste, le même effet se produit – non pas (2) à cause des autres aspects, mais bien en vertu de celle-là seule. Il apparaît donc que, dans ce domaine, le recours à l’expérience n’est pas impossible.

Mais cette justification relève d’une corruption intellectuelle extrême et d’une obstination manifeste : l’absence de l’effet attendu lors du retour de ladite conjonction est bien plus fréquente que sa réalisation, et l’expérience en témoigne. Il est d’ailleurs notoire, chez les gens sensés, que lorsque les astrologues s’accordent unanimement (3) sur un jugement quelconque, celui-ci ne se produit pour ainsi dire jamais. Nous en citerons quelques exemples, et dirons, à propos de :

(1) Voir : al-Sirr al-maktum, p. 10 ; al-Fisal, vol. 5, p. 149 ; Abkar al-afkar, vol. 2, p. 270 ; Rasa’il al-Sharif al-Murtada, vol. 2, p. 303 ; Sharh Nahj al-Balagha, vol. 6, p. 201 et 204. (2) La particule négative « la » est absente du manuscrit T. (3) Le manuscrit S lit : « ‘ala hukm ».
سائرُ الكواكب متصلةً به على وضعٍ مخصوصٍ وشكلٍ مخصوص فإنَّ ذلك الموضعَ المعيَّن بحسب الدرجة والدَّقيقة لا يعودُ إلا بعد ألوفِ ألوفٍ من السِّنين، وعمرُ الإنسان الواحد لا يفي بذلك، بل عمرُ البشر لا يفي به، والتَّواريخُ التي تضبِطُ هذه المدَّة مما لا يمكنُ وصولُها إلى الإنسان؛ فثبت أنه لا سبيل إلى الوصول إلى هذه الأحوال من جهة التَّجربة البتَّة (١). ولا ينفعكم اعتذارُ من اعتذرَ عنكم بأنه لا حاجةَ في التَّجربة إلى ما ذكرتم، لأنَّا إذا شاهَدنا حادثًا معينًا في وقتٍ مخصوص، فلا شكَّ أنه قد تحصُل في الفلَك اتصالاتٌ للكواكب المختلفة في ذلك الوقت، فلو قدَّرنا عَوْدَ ذلك الوضع الفلَكيِّ بتمامه على تلك الحال ألفَ مرَّةٍ لم يُعْلَمْ أنَّ المؤثِّر في ذلك الحادث هل هو مجموعُ الاتصالات أو اتصالٌ معيَّنٌ منها؟ فإذا علمنا أنَّ ذلك الوضعَ بجملته فاتَ وما عاد، ولكنه عاد اتصالٌ واحدٌ من تلك الاتصالات، وكلَّما عاد ذلك الاتصالُ المعيَّنُ فإنه يعودُ ذلك الأثرُ بعينه، لا لأجل (٢) سائر الاتصالات؛ فثبت أنَّ الرجوعَ في هذا الباب إلى التَّجربة غيرُ متعذِّر. وهذا الاعتذارُ في غاية الفساد والمكابرة؛ لأنَّ تخلُّف ذلك الأثر عن ذلك الاتصال العائد أكثرُ من اقترانه به، والتجربةُ شاهدةٌ بذلك، كما قد اشتهرَ بين العقلاء أنَّ المنجِّمين إذا أجمعوا على شيءٍ (٣) من الأحكام لم يكد يقَع، ونحنُ نذكرُ طرفًا من ذلك، فنقول في:
(١) انظر: «السر المكتوم» (١٠)، و «الفِصَل» (٥/ ١٤٩)، و «أبكار الأفكار» (٢/ ٢٧٠)، و «رسائل الشريف المرتضى» (٢/ ٣٠٣)، و «شرح نهج البلاغة» (٦/ ٢٠١، ٢٠٤). (٢) «لا» ليست في (ت). (٣) (ص): «على حكم».

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